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  • Master Projects 2026 : 150 projets de fin d’études ingénieurs pour imaginer le monde de demain

    Master Projects 2026 : 150 projets de fin d’études ingénieurs pour imaginer le monde de demain

    À l’occasion de ses 120 ans, l’ESME met en lumière l’un des piliers de sa pédagogie. Chaque année, plus de 150 projets de fin d’études sont développés par les élèves-ingénieurs dans le cadre des programmes de formation . Les plus aboutis sont sélectionnés pour être présentés devant un jury composé de professionnels, de chercheurs, d’Alumni et de partenaires entreprises  parmi lesquels Air France, Vinci, Eiffage, Safran, Sopra Steria, ou encore Thales. Pensés dans une logique de prototypage avancé, ces projets illustrent pleinement l’ambition de l’école : former des ingénieurs responsables, capables d’intégrer les enjeux de durabilité, d’innovation et d’impact sociétal.

    Le projet de fin d’études, l’étape clé avant le stage de fin d’année

    Un événement au cœur de l’écosystème ESME

    À la croisée de la formation et du passage à la vie professionnelle, les Master Projects constituent le dernier grand moment fédérateur du parcours étudiant. Ce temps fort valorise les programmes de l’école et réunit étudiants, enseignants, entreprises, Alumni, partenaires  et familles autour des innovations développées en dernière année.

    Les visiteurs découvrent les prototypes et échangent avec les porteurs de projets, répartis en sept grands pôles : Énergie et Environnement, Technologies au service de l’humain, Ingénierie au service des industries, Business et Finance, Énergie et Mobilités, Ingénierie du numérique et Recherche. L’événement s’est conclu par une cérémonie de remise des prix et un temps d’échange au Club Haussmann, à Paris. 

    Au-delà d’une vitrine technologique, les Master Projects captent l’air du temps et révèlent comment les grandes tendances sociétales et industrielles façonnent déjà les réponses des ingénieurs de demain. Les programmes de l’école encouragent ainsi l’innovation concrète.

    Les tendances des Master Projects 2026

    L’ingénierie de la sobriété et des ressources

    L’eau, l’énergie et les ressources naturelles sont au cœur de nombreux projets : dessalement solaire, irrigation intelligente, électrification rurale ou génération d’eau atmosphérique. Une nouvelle approche émerge : des systèmes autonomes, localisés et frugaux, conçus pour répondre aux tensions environnementales globales.

    Une technologie au service de l’humain, concrète et inclusive

    De nombreux projets visent à améliorer directement la qualité de vie : dispositifs médicaux, orthèses motorisées, solutions de rééducation ou espaces sensoriels. L’innovation devient utile, accessible et centrée sur les usages réels, notamment pour les publics vulnérables.

    L’intelligence artificielle comme infrastructure invisible

    Présente dans presque tous les domaines (industrie, cybersécurité finance,  ou santé) l’IA agit désormais en arrière-plan : analyse prédictive, automatisation, aide à la décision. Elle marque un basculement : moins visible, mais plus structurante et opérationnelle.

    L’autonomie technologique comme standard

    Drones en essaim, robots explorateurs, véhicules autonomes ou systèmes énergétiques indépendants : les projets convergent vers un objectif commun. Automatiser, sécuriser et fiabiliser les opérations dans des environnements complexes.

    Qu’est-ce qu’un projet de fin d’études à l’ESME ?

    Lors de leur dernière année, les étudiants consacrent plusieurs mois à leur projet de fin d’études, véritable synthèse de leur parcours académique. Les Master Projets représentent l’aboutissement de cinq années d’apprentissage, de spécialisation  et de mise en pratique.

    Le choix du sujet constitue la première étape clé de ce temps de travail : ils définissent une problématique précise, en lien avec leur majeure et les programmes suivis. Ils élaborent ensuite une démarche de recherche adaptée : définition des besoins, phase de conception, hypothèses, tests de faisabilité, développement technique, validation et démonstration. Ils mobilisent leurs connaissances pour produire des résultats concrets et explorer l’ensemble du cycle de vie d’un projet d’ingénierie avec méthode et exigence.

    Encadrés par des enseignants, des chercheurs et des professionnels issus de l’industrie, ils endossent pleinement le rôle de chef de projet. Planification, coordination, suivi de l’avancement, communication au sein de l’équipe et arbitrages techniques rythment ce temps de développement. Cette immersion leur permet d’apprendre à mobiliser les ressources nécessaires et à faire avancer une idée jusqu’à sa concrétisation.

    L’ESME accompagne les étudiants à chaque étape : encadrement par les responsables de majeures, mobilisation des enseignants-chercheurs, mise en relation avec des experts et partenaires industriels, accès aux laboratoires et aux équipements techniques. Cette pédagogie  par le réel permet d’obtenir desrésultats tangibles dans le temps imparti et dans des conditions proches de celles du monde professionnel.

    Exemples de projets de fin d’études

    Les lauréats Master Projects 2026 :

    Prix Technologies au service de l’humain – Bluepath
    Marie Dufour, Maïa Dalbera, Yaël Flament – 
    Majeure ingénieur designer
    Cabine sensorielle immersive destinée aux enfants présentant des troubles neurodéveloppementaux, permettant de réguler les émotions grâce à des stimuli adaptés.

    Prix Ingénierie au service des industries – AIPI
    Victor Lancelin, Julie Testu – 
    Majeure intelligence artificielle
    Solution d’IA capable d’analyser, fiabiliser et générer des études électriques, facilitant le travail des ingénieurs et optimisant les processus industriels.

    Prix Business & Finance – Promptly
    Martin Anres, Gabin Fulcrand –  Majeure Big Data & Digital marketing 
    Plateforme de réservation clé en main permettant aux entreprises de déployer rapidement un site de réservation en ligne.

    Prix Énergie & Mobilités – Air-GOS
    Mathieu Habelski, Maxime Ringler, Mickael Sanz –  Majeure Mécatronique
    Essaim de drones autonomes capables de détecter des victimes en zone sinistrée grâce à des capteurs avancés et un système de coordination intelligent.

    Prix Ingénierie du numérique – MRANGIO
    Adèle Boyer, Alice Gaymard, Marie Hoffmann –  Majeure Biotech & Numérique
    Logiciel d’imagerie médicale basé sur l’IA permettant la reconstruction 3D et la classification automatique des structures vasculaires.

    Prix Énergie & Environnement – Pot de fleur intelligent
    Alexandre Herbin, Soltan Mohsen, Taha Teray –Majeure management de la transition énergétique par l’apprentissage
    Pot connecté automatisant l’arrosage et l’éclairage pour une gestion optimisée des ressources.

    Prix Recherche – OASIS
    Zacharie Ben Tolila, Roméo Torre, Enzo Zurzolo – Majeure Mécatronique
    Système expérimental de germination en conditions hypoxiques pour étudier l’impact du niveau d’oxygène sur le développement des graines.

    Prix spécial du jury – Holobot – Majeure Mécatronique
    Clémence de Gouzillon de Bélizal, Diane Lauwereins, Paul Tannous
    Robot articulé mobile capable de se déplacer dans toutes les directions et de manipuler des objets avec précision. 

    Au-delà de la dimension technique, les Master Projects constituent une expérience fondatrice. Les étudiants y découvrent concrètement ce que signifie devenir ingénieur : comprendre un besoin, imaginer des solutions tangibles et les transformer en réalisations opérationnelles.

    Devenir ingénieur : de l’idée à l’impact

    Les étudiants prennent ainsi conscience de leur rôle d’acteurs clés de la transformation technologique et sociétale. En mobilisant leurs compétences et leurs connaissances sur des problématiques réelles, ils apprennent à conjuguer innovation, responsabilité et impact. Cette mise en situation grandeur nature marque la transition entre l’école d’ingénieurs et le monde professionnel.

    Plus qu’un projet de fin d’études, les Master Projects représentent un moment charnière où les étudiants mesurent la portée de leur formation et prennent confiance en leur capacité à façonner le monde de demain.

    Félicitations et remerciements

    Félicitations à l’ensemble des lauréats et à tous les étudiants ayant présenté leurs projets lors de cette édition 2026. Nous adressons également nos remerciements les plus sincères à celles et ceux qui ont contribué à faire de cette journée une réussite : professeurs, équipes pédagogiques, responsables de majeures, intervenants, membres du jury, ESME Alumni et partenaires entreprises. Par leur engagement et leur accompagnement, ils permettent aux étudiants de faire grandir leurs projets et d’aller au bout de leurs ambitions.

  • Maitriser les langues étrangères en tant qu’ingénieur : pourquoi c’est indispensable pour la carrière de votre enfant ?

    Maitriser les langues étrangères en tant qu’ingénieur : pourquoi c’est indispensable pour la carrière de votre enfant ?

    Maîtriser les langues étrangères est aujourd’hui bien plus qu’un simple atout sur un CV d’ingénieur. C’est une compétence devenue indispensable.

    Les projets d’ingénierie sont de plus en plus transversaux et multiculturels. Qu’il évolue en France ou à l’international, votre enfant sera amené à collaborer avec des partenaires d’horizons divers tout au long de sa carrière. Savoir communiquer efficacement en anglais, et idéalement dans d’autres langues, est désormais une exigence incontournable pour s’imposer dans le monde de l’ingénierie.

    Être ingénieur : un métier de plus en plus tourné vers l’international

    Quel que soit le secteur (l’industrie, le numérique ou la recherche), les projets sont de plus en plus transversaux et multiculturels. Un même projet peut impliquer des parties prenantes d’origines diverses : une entreprise française, un fournisseur allemand, un client asiatique et un partenaire nord-américain. Travailler en tant qu’ingénieur aujourd’hui, c’est évoluer dans un réseau globalisé, dans lequel parler plusieurs langues est un avantage incontournable pour réussir.

    En tant que parent, il est primordial de sensibiliser votre enfant assez tôt à l’importance de maîtriser au minimum une langue étrangère. Qu’il souhaite évoluer en France, ou dans un environnement international, le métier d’ingénieur s’inscrit dans une dimension internationale. La maîtrise des compétences techniques ne suffit pas : savoir communiquer efficacement, présenter ses idées, collaborer et négocier en anglais est un atout majeur pour son profil.

    Pourquoi l’anglais est indispensable pour une carrière d’ingénieur ?

    info pratique

    La Commission des titres d’ingénieur (CTI) préconise fortement la validation d’un niveau C1 du Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL). Le niveau B2 est considéré comme un strict minimum, pour l’obtention du diplôme.

    L’anglais est une nécessité, ce n’est pas une option : c’est la langue de référence dans l’ingénierie, la tech, la recherche scientifique et le commerce international. Que votre enfant construise un parcours en France ou dans un autre pays, l’anglais sera omniprésent tout au long de sa vie professionnelle. Les documentations techniques, les langages de programmation, les logiciels, les supports de formation, les contrats, mais aussi les conférences, les salons ou journaux scientifiques sont majoritairement rédigés en anglais

    Les recruteurs, en France comme à l’étranger, attendent un niveau professionnel, à l’écrit comme à l’oral. La capacité à présenter un projet, rédiger un compte rendu, participer à une visioconférence en anglais, et de manière générale, l’aisance à interagir dans une langue étrangère, est un critère clé d’employabilité.

    Pour certifier ces niveaux, les écoles ont recourt à des tests externes standardisés tels que : TOEICTOEFLIELTSCambridgeLinguaskill.

    Une seconde langue : un différenciateur précieux

    Si l’anglais est indispensable, maîtriser une seconde langue constitue un véritable avantage concurrentiel. Espagnol, allemand, italien, portugais, mandarin ou japonais peuvent ouvrir des portes dans des régions spécifiques où les compétences d’ingénierie sont recherchées. C’est également un indicateur d’ouverture culturelle et de capacité d’adaptation, très apprécié par les employeurs.

    Si votre enfant a déjà réfléchi son projet professionnel, et souhaite travailler dans un domaine en particulier, voire dans un pays spécifique, il peut d’ores et déjà démarrer l’apprentissage d’une nouvelle langue qui sera en lien direct avec ses aspirations, afin d’être prêt dès qu’il en aura besoin.

    Comment une école d’ingénieurs prépare concrètement à une carrière internationale ?

    CESI École d’Ingénieurs considère que la maîtrise de l’anglais est obligatoire pour répondre aux exigences du marché. Sa pédagogie active intègre donc la pratique de la langue dans la totalité du programme. Les sessions d’anglais s’articulent autour des mises en situation, centrées sur l’élève, qui privilégient la prise de parole. Les thématiques abordées couvrent des enjeux professionnels, technologiques, scientifiques et sociétaux.

    CESI, le cursus ingénieur·e section anglophone est accessible aux étudiants français et internationaux, bilingues en anglais, qui souhaitent s’orienter vers une carrière internationale et apporter une dimension mondiale à leur profil.

    L’expérience internationale est également valorisée : stages à l’étranger, échanges académiques, double diplômes ou VIE (Volontariat International en Entreprise) préparent les élèves à des carrières globales.

    Pour renforcer cet environnement d’apprentissage multiculturel, le programme de la formation prévoit un stage à l’étranger de 17 semaines, et propose pour ce faire des partenariats avec des universités et laboratoires, pour des échanges académiques, des doubles diplômes, voire des VIE (Volontariat International en Entreprise). Cette configuration permet aux étudiants de se préparer efficacement à suivre un projet professionnel international.

    cursus ingénieur·e section anglophone

    DOUBLES DIPLômes

    Les dispositifs pour renforcer son anglais à cesi école d’ingénieurs

    Exemple de parcours pour une carrière internationale

    Un étudiant souhaitant se préparer à une carrière d’ingénieur à l’international peut, au cours de sa formation d’ingénieurs en 5 ans à CESI comprenant :

    • Un cycle préparatoire intégré de deux ans, avec cours renforcés en anglais ;
    • Un cycle ingénieur en anglais (parcours généraliste ou informatique) ;
    • Un semestre d’échange académique dans l’une de nos 170 universités partenaires (réparties dans une cinquantaine de pays)
    • Un ou plusieurs stages à l’étranger

    Ce type de parcours allie compétence technique, immersion linguistique et expérience interculturelle, des éléments clés pour décrocher un poste à dimension internationale dès le début de carrière.

    Découvrez le parcours de nos étudiants qui ont fait une mobilité internationale.

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    Le rôle du parent dans cette ouverture linguistique

    Vous pouvez aider votre enfant dès le lycée à pratiquer l’anglais et une seconde langue de façon active : participer à un séjour linguistique ou à un summer camp, s’inscrire sur une application d’apprentissage des langues, suivre des MOOC en anglais etc…

    Il ne s’agit pas d’exiger la perfection, mais d’inciter à pratiquer d’autres langues. Vous pouvez également l’encourager à introduire davantage de contenus en anglais dans son quotidien, qui seront tournés plutôt vers ses centres d’intérêts : s’ils regardent des séries anglophones, invitez-le à les visionner en VO, s’il est passionné de podcasts, articles ou vidéos techniques et scientifiques, il peut également les regarder en anglais (qui est bien souvent le langage originel de ces contenus). Il sera plus facile et plus fluide pour lui d’apprendre une langue à travers des sujets qui le passionnent.

    Montrez-lui aussi à quel point ces compétences peuvent devenir des tremplins pour ses stages, ses échanges, ses premières missions ou son premier emploi.

    L’anglais n’est pas un bonus, c’est un impératif

    Dans un monde où l’ingénierie se développe dans une multitude de pays, la maîtrise des langues est un véritable atout. En tant que parent, vous pouvez encourager ces initiatives et les accompagner avec bienveillance et pragmatisme. Chez CESI, cette dimension internationale est pleinement intégrée au cursus : programmes anglophones, mobilités à l’étranger, projets interculturels… autant d’opportunités concrètes pour préparer votre enfant à une carrière d’ingénieur ouverte sur le monde.

    Envie d’aller plus loin ? Parcourez notre article sur « Stage à l’étranger en école d’ingénieur : que doivent savoir les parents ? », découvrez notre stratégie internationale ou contactez nos équipes.

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    Découvrez nos webinaires orientation spécial parents

    CESI a organisé la deuxième édition d’une série de webinaires gratuits pour vous aider à accompagner votre enfant dans ses choix post-bac ou sa réorientation.

    Lors de ces rencontres digitales, c’est l’occasion d’explorer :  

    • Les filières et métiers d’avenir,
    • Les parcours accessibles dès le post-bac,
    • Les clés pour comprendre Parcoursup®,
    • Ou encore les conseils pratiques pour guider votre enfant sereinement dans ses choix d’orientation.

    Découvrez le replay du webinaire « Mobilité internationale : cursus et opportunités à CESI » qui vous donne les clés pour l’aider à préparer sa mobilité internationale.

    regardez les replays

  • Regards de chercheurs avec Safa BEN AYED

    Regards de chercheurs avec Safa BEN AYED

    3 questions à Safa BEN AYED

    Enseignante-Chercheuse au sein de l’unité de recherche CESI LINEACT
    Membre de l’équipe Ingénierie et Outils Numériques.

    Safa travaille sur le développement de modèles d’intelligence artificielle capables de prendre des décisions fiables, même dans des contextes incertains. Lauréate d’un appel à projets national autour des « pionniers de l’IA », elle inscrit ses travaux au croisement des enjeux scientifiques, industriels et sociétaux.


    Sur quoi travailles-tu aujourd’hui et comment tes recherches prennent-elles vie concrètement ?

    Je travaille sur des modèles d’intelligence artificielle capables de fonctionner avec des données imparfaites. Dans la réalité, les informations sont souvent incomplètes, imprécises, voire contradictoires… et pourtant, il faut quand même prendre des décisions.

    Mon travail consiste donc à rendre ces décisions plus fiables. Pour ça, j’utilise une approche qui permet de croiser plusieurs sources d’information, même quand elles ne sont pas totalement d’accord entre elles.

    Ces recherches s’appliquent déjà à des cas très concrets, comme anticiper les pannes de machines ou mieux gérer la consommation d’énergie dans les bâtiments.

    Aujourd’hui, je porte aussi un projet dans le cadre d’un appel à projets national en intelligence artificielle. On applique nos travaux au domaine agricole : par exemple, analyser des images ou des données issues de capteurs pour détecter des maladies ou savoir quand arroser au bon moment.

    Pour l’instant, on est sur une phase de recherche, mais l’objectif est ensuite de travailler avec un partenaire industriel pour transformer ces résultats en solution concrète.

    Qu’est-ce qui te motive dans ton métier et qu’est-ce que cette expérience t’apporte ?

    La recherche, c’est vraiment une passion. Ce que j’aime, c’est pouvoir tester, explorer, ajuster… rien n’est figé, on apprend en permanence.

    J’aime aussi beaucoup transmettre, donc le lien avec l’enseignement est important pour moi.

    Le fait de porter ce projet, c’est une vraie étape. C’est la première fois que je suis à l’initiative d’un projet de cette ampleur, donc c’est à la fois stimulant et responsabilisant. Et être lauréate d’un appel à projets comme celui-ci, c’est aussi une reconnaissance du travail fourni.

    Ça me donne envie d’aller encore plus loin, de continuer à proposer des idées et à m’impliquer dans d’autres projets, même si le rythme est parfois intense.



    Quels sont, selon toi, les grands enjeux de l’intelligence artificielle aujourd’hui ?

    Un des grands enjeux, c’est la confiance. Aujourd’hui, beaucoup de systèmes d’IA donnent des résultats sans qu’on comprenne vraiment comment ils y arrivent. Il faut donc réussir à les rendre plus transparents. 

    Il y a aussi la question des biais. Une IA apprend à partir de données… donc si ces données sont imparfaites ou déséquilibrées, les résultats peuvent l’être aussi. 

    Un autre enjeu important, c’est la maîtrise des données. Aujourd’hui, elles sont majoritairement détenues par de grands acteurs internationaux, ce qui pose des questions d’indépendance. 

    Dans les années à venir, l’IA va continuer à se développer dans notre quotidien, c’est certain. Mais elle ne remplacera pas l’humain : elle va surtout l’aider à prendre de meilleures décisions. 

    C’est pour ça qu’il est essentiel de former les étudiants à son utilisation. Pas forcément pour tous devenir experts, mais pour comprendre comment ça fonctionne, et surtout ses limites. 

    Le conseil de Safa aux futurs chercheurs :

    Il faut croire en ses idées, même lorsqu’elles paraissent simples. Ce sont souvent celles qui vont le plus loin.Safa BEN AYED

  • « Foncez, si vous êtes curieux ! » : Maxence et Sayam en Stage de fin d’études au Japon

    « Foncez, si vous êtes curieux ! » : Maxence et Sayam en Stage de fin d’études au Japon

    Maxence Acket-Goemaere et Sayam Mouttapa : un stage de fin d’études à l’Université Waseda au Japon dans le cadre d’un partenariat avec le laboratoire L2EP de Lille

    Cette mobilité internationale est l’aboutissement d’un partenariat né notamment de l’accueil, l’année dernière sur le campus de Lille au sein du laboratoire L2EP, du professeur Hideyuki Sawada, enseignant-chercheur japonais reconnu pour ses travaux en robotique, traitement du son, de l’image et du toucher. Une rencontre décisive, qui a permis de transformer un échange scientifique en opportunité concrète pour les étudiants.

    « Cette discussion entre le professeur Sawada et Christophe Giraud-Audine, notre encadrant au L2EP, a été le point de départ de notre opportunité de stage de fin d’études. Sans cette rencontre à Lille, ce stage n’aurait probablement jamais existé », explique Maxence.

    Deux parcours différents, une même curiosité pour la recherche

    Issus de trajectoires différentes, Maxence et Sayam se retrouvent pourtant autour d’un intérêt commun pour la robotique, l’innovation et la recherche.

    Maxence, ancien élève de CPGE PCSI à Faidherbe puis PSI* à Baggio, est aujourd’hui étudiant Arts et Métiers sur le campus de Lille, en troisième année du Programme Grande École en expertise IRIS.

    Sayam, passé par une classe préparatoire PT au lycée Jules Ferry à Versailles, a également intégré le campus de Lille, puis a choisi de suivre le parcours de Master de Recherche SAR « Systèmes Avancés et Robotique » en troisième année, en double diplôme avec Sorbonne Université.

    « L’expertise IRIS des Arts et Métiers de Lille est plutôt orientée vers l’application industrielle. Effectuer un stage de fin d’études en laboratoire de recherche m’a permis de découvrir l’innovation plus amont, en partant d’une idée et en construisant un système de A à Z », confie Maxence.

    Pour Sayam, dont le Master est davantage tourné vers la recherche, ce stage s’inscrivait presque naturellement dans son parcours : « J’avais un intérêt fort pour la robotique et pour l’haptique. Quand j’ai vu le sujet, c’était assez évident de candidater », explique-t-il. « Et le fait que ce soit au Japon, dont je parle la langue et où une partie de ma famille vit, a vraiment renforcé ma motivation. »

    Un sujet de recherche entre origami et fils en alliage à mémoire de forme

    Le projet confié aux deux étudiants repose sur une combinaison originale entre structures d’origami et fils en alliage à mémoire de forme, capables de se rétracter sous l’effet de la chaleur. Deux dimensions technologiques qui ouvrent de nombreuses perspectives d’investigations.

    « L’idée, c’est de prendre ces deux éléments et de les combiner », détaille Maxence. « D’une part pour du retour haptique, donc la génération de sensations tactiles sur la peau et d’autre part pour la robotique souple. »
    Le laboratoire du professeur Sawada est en effet reconnu pour ses travaux pionniers sur l’intégration des fils à mémoire de forme en robotique.

    « Ces fils ont beaucoup de limitations techniques, et ils ont réussi ici à trouver des méthodes d’application qui permettent vraiment de les utiliser en robotique souple. C’est assez précurseur », souligne Sayam.

    Un stage volontairement exploratoire

    Leur stage de fin d’études, d’une durée totale de six mois, est structuré entre la France et le Japon : un mois de préparation au sein du L2EP de Lille, trois mois à l’Université Waseda, qui permettront par ailleurs aux deux étudiants de valider leur période de mobilité internationale, puis deux mois de retour en France pour approfondir et valoriser les résultats.

    La première phase, menée au sein du L2EP, mais également de l’IRCICA, visait à monter en compétence sur les fils à mémoire de forme et à concevoir un prototype fonctionnel avant le départ au Japon.

    « Il n’y avait pas de cahier des charges, pas d’exigences ou d’applications fixées », explique Maxence. « On est vraiment dans une méthode exploratoire : voir jusqu’où on peut aller, ce qui marche, ce qui ne marche pas… et construire progressivement. »

    Une immersion totale dans le domaine et les méthodes de recherche académique, mais qui reste en continuité avec la pédagogie Arts et Métiers.

    « La structure de travail est finalement assez similaire à nos projets : état de l’art, réflexion prospective… La grande différence, c’est qu’ici, c’est à nous de définir nos propres objectifs », ajoute-t-il.

    Une immersion dans un laboratoire japonais de pointe et très prestigieux

    À Waseda, Maxence et Sayam ont eu l’opportunité d’intégrer le laboratoire du Professeur Sawada, à la pointe de la recherche en robotique souple, où les projets couvrent également la réalité virtuelle, la réalité augmentée et l’intelligence artificielle.

    Le rythme de travail y est soutenu et notamment ponctué d’échanges hebdomadaires avec les encadrants français et japonais, de présentations bimensuelles de l’avancement devant l’ensemble du laboratoire japonais, mais également de participation aux présentations de thèses et aux séminaires de recherche des équipes de Waseda.

    « Toutes les deux semaines, on présente nos avancées à une trentaine de personnes. C’est très formateur, et toujours dans une ambiance bienveillante », raconte Sayam.

    « On bénéficie énormément des retours d’expérience des chercheurs du laboratoire, ce qui nous pousse à aller plus loin et à aiguiller nos avancées… »

    De nouvelles compétences… et une autre manière de penser

    Sur le plan technique, les étudiants ont développé des compétences pointues, notamment en commande numérique, modulation de signal, traitement d’images et mesure de déplacements, CAO et prototypage mais également en impression 3D multi-matériaux.

    Mais au-delà des outils, c’est surtout la démarche de recherche qui les a marqués.

    « On ne peut pas se permettre de faire des prototypes à l’infini », explique Sayam. « Du coup, on est obligés de beaucoup réfléchir en amont, de modéliser, de documenter, de vérifier auprès d’experts avant de se lancer. »

    Maxence complète : « On nous oriente vers des méthodes, mais on apprend beaucoup par nous-mêmes. Ça pousse à prendre du recul et à développer une vraie autonomie intellectuelle. »

    Une expérience humaine et culturelle forte

    En dehors du laboratoire, l’immersion japonaise est tout aussi marquante. Les deux étudiants logent dans une « share house », à une quarantaine de minutes à pied du campus.

    « C’est très répandu ici : chacun a sa chambre, et on partage la cuisine et les sanitaires », raconte Maxence. « On a dû chercher par nous-mêmes car les logements de l’université Waseda étaient pleins, mais finalement c’est une très bonne solution. »

    L’accueil au sein du laboratoire est unanimement salué : « On a réussi à se faire des amis, à sortir, à découvrir la culture locale. L’environnement est très bienveillant, même lors des premières présentations après le jet-lag », sourit Sayam.

    Des perspectives désormais plus claires

    À l’issue de cette expérience, les deux étudiants ont affiné leur vision de l’avenir.

    « Je me vois plutôt aller vers l’industrie, pourquoi pas en R&D, mais au sein d’une entreprise », confie Maxence. « Cette expérience m’a permis de comprendre ce que je recherche : des objectifs clairs, tout en gardant une dimension innovante. »

    Sayam, de son côté, garde un intérêt marqué pour la recherche, sans forcément s’y projeter à long terme : « Ça m’a permis de comprendre ce qu’est le domaine de la recherche et la manière de penser qui va avec. Même si ce n’est pas forcément pour toute une carrière, c’est extrêmement formateur. »

    « Une expérience à tenter, si le sujet vous parle »

    Tous deux encouragent les étudiants d’Arts et Métiers à saisir ce type d’opportunités, à condition d’en comprendre les spécificités.

    « Le stage est plutôt éloigné de ce sur quoi j’ai pu travailler dans ma scolarité », reconnaît Maxence. « Mais humainement et intellectuellement, c’est une expérience incroyable. »

    Sayam conclut simplement : « Si le domaine vous intéresse et que vous êtes ouverts à la culture, foncez. Il y a forcément de très belles découvertes à la clé. »

    À travers le parcours de Maxence et Sayam, ce stage illustre pleinement la force des partenariats internationaux portés par Arts et Métiers et, en l’occurence, le L2EP du campus de Lille : des collaborations qui donnent naissance à des expériences humaines, scientifiques et professionnelles profondément structurantes pour les futurs ingénieurs.

    Prototype origami fils à mémoire de forme
  • Venue du Pape Léon XIV : un moment historique pour toute la communauté de l’UCAC-Icam

    Venue du Pape Léon XIV : un moment historique pour toute la communauté de l’UCAC-Icam

    Le vendredi 17 avril 2026 restera gravé dans la mémoire de l’Université Catholique d’Afrique Centrale (UCAC) et de l’ensemble de sa communauté. Sa Sainteté le Pape Léon XIV, en visite apostolique au Cameroun, a honoré le campus de Nkolbisson à Yaoundé de sa présence, à l’occasion d’une rencontre historique avec le monde universitaire, troisième étape d’un voyage apostolique de dix jours à travers l’Afrique.

    Une rencontre au cœur de la mission universitaire

    Devant le Souverain Pontife, le Recteur de l’UCAC, le Révérend Père Professeur Thomas Bienvenu Tchoungui, a présenté les facultés et filières de l’université, mettant en lumière notamment l’Institut Ucac-Icam et sa vocation à former les ingénieurs de demain. Il a également porté un plaidoyer fort et ambitieux : obtenir l’intercession du Saint-Père auprès de l’État du Cameroun pour la création d’une Faculté de Médecine et de Pharmacie au sein de l’Ess-UCAC, afin de répondre aux grands enjeux de santé publique dans la sous-région.

    Un discours fondateur du Pape Léon XIV

    Dans son discours, le Pape a exhorté étudiants et enseignants à faire de l’UCAC un lieu vivant de recherche de la vérité, de formation des consciences et de résistance aux dérives actuelles. L’institution, fondée en 1989 par l’Association des Conférences Épiscopales d’Afrique Centrale, est selon lui « un motif d’espérance » et « un phare au service de l’Église et de l’Afrique dans sa recherche de la vérité, de la justice et de la solidarité ».

    Léon XIV a rappelé qu’aucune société ne peut prospérer sans des consciences droites, formées dans la vérité, et a invité les enseignants à être non seulement des guides intellectuels, mais aussi des modèles dont la rigueur scientifique et l’intégrité personnelle forment les consciences de leurs étudiants.

    S’adressant directement aux étudiants, le Saint-Père a évoqué la tentation compréhensible de l’émigration, les invitant à y résister et à mettre leurs compétences au service du développement de leur territoire et de leurs concitoyens. Un message qui résonne pleinement avec l’engagement de l’Icam à former de futurs ingénieurs responsables et engagés, dans leur pays et pour leur pays !

    La communauté Ucac-Icam mobilisée

    Pour ces journées mémorables, collaborateurs et étudiants de l’Institut Ucac-Icam se sont pleinement mobilisés, participant à deux temps forts :

    • La messe pontificale célébrée au stade Japoma à Douala
    • La rencontre avec le monde universitaire sur le campus de Nkolbisson à Yaoundé

    Une implication qui témoigne de la vitalité et de l’engagement de toute une communauté, profondément attachée aux valeurs qui fondent sa mission. Recevoir le successeur de Saint Pierre, c’est une confirmation profonde de l’engagement de l’Institut Ucac-Icam à former non seulement des hommes et des femmes techniquement compétents, mais aussi des citoyens engagés pour le bien commun, comme l’appelait de ses vœux le Saint-Père lors de son discours.

    Ce rendez-vous marquera durablement l’histoire de notre institution et le cœur de nos étudiants, qui avaient délivré des messages d’espoir et d’engagement pour le changement avant la venue du Souverain Pontife.

    A visionner la visite de Léon XIV à l’UCAC 👇​

  • Exposition « Habiter et vieillir en Pays de Mormal »

    Exposition « Habiter et vieillir en Pays de Mormal »

    Exposition des travaux des étudiant·es de l’atelier « La piste rurale » encadré par Amélie Fontaine et Hessam Khorasani Zadeh.

    Cette exposition présente les travaux réalisés dans le cadre de l’atelier La piste rurale, encadré par Amélie Fontaine et Hessam Khorasani Zadeh. Les week-ends des 13-14 et 20-21 juin, les étudiant·es seront présent·es pour échanger avec vous autour de leurs projets.

    Au cours d’un semestre, les étudiant·es en master ont exploré les communes de Bavay, Bettrechies, Gommegnies, Landrecies, L’Orée-de-Mormal et Orsinval afin d’établir des diagnostics et de formuler des propositions sur l’habitat, le paysage et les relations intergénérationnelles.
    Maquettes, croquis et dessins donneront à voir ces réflexions, nourries par les enjeux du vieillissement en milieu rural. Cette exposition est une invitation à partager des regards et à imaginer ensemble les futurs possibles du Pays de Mormal.

    Cette exposition a été réalisée avec le soutien de plusieurs partenaires : le Parc naturel régional de l’Avesnois, la Communauté de communes du Pays de Mormal, le CAUE du Nord, la Communauté amie des aînés (CADA), ainsi que les communes de Bavay, Bettrechies, Gommegnies, L’Orée-de-Mormal, Orsinval et l’EHPAD de Landrecies.

  • Innovation : de la croissance à la sobriété

    Innovation : de la croissance à la sobriété

    De quelle manière l’innovation peut-elle contribuer à maintenir une planète habitable pour les générations actuelles et futures ? En effet, depuis longtemps, l’innovation est un moteur de la « compétitivité économique » en contribuant à la croissance des entreprises et des états reposant sur une extraction massive de ressources fossiles. Toutefois, dans un monde aux ressources finies et aux multiples crises (écologique, géopolitique, …), cette finalité n’est plus ni viable ni désirable. Dès lors, de quelle manière l’innovation peut-elle être un levier de transformation vers des sociétés plus à l‘ère de l’Anthropocène où les équilibres géologiques et climatiques sont négativement impactés par les activités humaines, l’innovation ne peut-elle pas être un levier de transformation vers des sociétés plus sobres ?
    Un enjeu majeur que nous abordons en ce 21 avril, Journée mondiale de la créativité et de l’innovation.

    Une époque marquée par l’impact humain 

    Les neuf frontières planétaires. Credit: Azote for Stockholm Resilience Centre, based on analysis in Sakschewski and Caesar et al. 2025

    Les scientifiques parlent aujourd’hui d’ère de l’« Anthropocène » pour désigner par l’impact massif des activités humaines sur les ressources de la planète. Pour mesurer cette pression anthropique, les chercheurs ont proposé d’étudier l’évolution de neuf processus biophysiques interdépendants qui agissent comme régulateurs de la stabilité et la résilience du système terre – représenté par ce schéma nommé « Les neuf frontières planétaires ». Pour chacun de ces processus, un seuil à ne dépasser a été déterminé afin de garantir l’habitabilité de la planète pour l’ensemble des êtres vivant. Or, aujourd’hui, l’humanité à dépasser sept frontières sur neuf.

    Dans ce contexte, réinterroger la finalité de l’innovation nous semble primordial.

    Comprendre nos besoins pour repenser notre manière d’innover 

    Pour contribuer à cette réflexion, Andréa Boisadan, enseignante-chercheuse et Stéphanie Buisine, Directrice de recherche à CESI École d’Ingénieurs, nous invitent à questionner nos besoins.

    Un besoin peut être défini comme une sensation de manque qui pousse à agir pour retrouver un équilibre. Par exemple, la faim pousse à manger, la solitude à rechercher du lien, ou encore l’ennui à chercher une activité.

    Les chercheurs distinguent généralement trois grandes catégories de besoins fondamentaux :

    • Les besoins physiologiques correspondent à ce qui est nécessaire à notre organisme pour survivre de manière immédiate : se nourrir, dormir, respirer, se protéger.
    • Les besoins biologiques correspondent à cinq besoins primaires associés à la survie de l’espèce humaine (récupérer de l’information sur l’environnement, manger, avoir des relations sexuelles, avoir un statut social et pouvoir se reposer). Chaque fois que l’un de nos besoins est comblé ou satisfait, le striatum (l’une des structures cérébrales les plus anciennes de notre cerveau) émet de la dopamine, la fameuse hormone du plaisir.
    • Les besoins psychologiques concernent le développement personnel et le bien-être mental. Parmi eux, on retrouve le besoin d’autonomie (se sentir libre de ses choix), de compétence (se sentir capable) et d’appartenance sociale (avoir des liens avec les autres). Ces besoins sont essentiels pour se sentir épanoui.

    Ces besoins sont universels et relativement stables dans le temps.

    À ces trois catégories de besoins fondamentaux, nous en ajoutons une quatrième qui est celle des besoins artificiels. Ces besoins sont associés au consumérisme qui correspond à une tendance immodérée d’acquérir, de dépenser ou de consommer des biens. Nous parlons alors de société hédonique qui repose sur des valeurs matérialistes avec une recherche de plaisir immédiat, du confort et du soulagement rapide (ex: l’achat impulsif, le service de livraison en un clic.

    La problématique de ces besoins artificiels est qu’ils sont insatiables, nourris par l’obsolescence programmée ainsi que par la publicité et les réseaux sociaux qui nous incitent sans cesse à consommer. À peine ai-je ma nouvelle paire de baskets aux pieds que je suis déjà en train de regarder la prochaine à adopter. C’est un cercle sans fin et destructeur car toutes ces nouveautés impliquent d’extraire de nombreuses ressources et d’utiliser beaucoup d’énergie fossile (donc polluante) pour leur production.

    Si nous sommes sensibles à la nouveauté, c’est en partie lié au fonctionnement du striatum. Autrefois utile pour survivre dans un environnement impacté par les pénuries, ce mécanisme est aujourd’hui détourné et amplifié par le marketing et les réseaux sociaux. Il transforme nos pulsions biologiques en « besoins artificiels », nous poussant à renouveler des objets encore fonctionnels (smartphones, vêtements) par un désir de statut social.

    Dans cette perspective, comment repenser l’innovation ?

    Trouver des solutions qui répondent à plusieurs besoins 

    Pour redéfinir l’innovation, nous avons deux niveaux d’actions :

    1. Prioriser la satisfaction des besoins fondamentaux
    2. Satisfaire ces besoins par des solutions soutenables qui reposent sur :
      • Leur durabilité à travers leur procédé de fabrication (économie circulaire, low-tech, matériaux bio-sourcés,…).
      • Les satisfacteurs synergiques : Ce sont les piliers de la sobriété. Une seule solution nourrit plusieurs besoins simultanément sans nuire à la planète.
      • L’universalité, c’est-à-dire des solutions qui reposent sur des biens, services, activités et relations qui améliorent la santé physique et l’autonomie dans toutes les cultures.

    Exemples :

    Le vélo ou les mobilités douces, comme déployées par le programme Mon trajet vert. Ils répondent au besoin de déplacement (subsistance), améliorent la santé (protection) et favorisent la découverte de son environnement (liberté/identité).

    Les matériaux biosourcés dans le bâtiment. Ils répondent au besoin de logement et de confort thermique (subsistance), limitent l’exposition aux polluants volatils pour une meilleure qualité de l’air intérieur (protection) et valorisent les ressources ainsi que les savoir-faire de nos territoires (identité/appartenance).

    Mais aussi objets réutilisables, habitats sobres, numérique allégé… Autant d’exemples d’innovations qui cherchent moins à « en faire plus » qu’à répondre justement à nos besoins. Face aux enjeux environnementaux et sociaux actuels, le défi n’est plus de créer de nouveaux besoins, mais de concevoir des solutions durables et capables de répondre à plusieurs besoins à la fois, comme les activités collectives, les espaces de partage ou encore les initiatives locales tout en préservant notre environnement.

    À l’échelle individuelle, cette transition passe par une prise de conscience : se demander si un achat répond à un besoin réel, prendre le temps de différencier envie et nécessité, ou encore valoriser ce qui nous apporte un vrai épanouissement et bien-être.

    « En comprenant les mécanismes qui façonnent nos besoins, nous pouvons enfin choisir des innovations qui concilient bien-être humain et respect des ressources de la planète. »Andréa Boisadan, enseignante-chercheuse à CESI École d’Ingénieurs

  • Paroles d’Arts et Métiers : Ep.26 – Philippe Jacquet

    Paroles d’Arts et Métiers : Ep.26 – Philippe Jacquet

    Contexte 

    Dans Paroles d’Arts et Métiers, nous parlons d’industrie, d’innovation, de transitions, de santé, de matériaux, de nouvelles technologies ainsi que de nombreux autres thèmes en lien avec les sciences de l’ingénieur et Arts et Métiers. Participent à l’aventure tous les acteurs de la communauté Arts et Métiers, étudiant.e.s, personnels et alumni. Dans chaque épisode, conçu et animé par Carole Wahnoun, ingénieure de recherche sur le campus de Paris, avec, pour les moyens techniques, Jean-Marc Rousseau, Concepteur Réalisateur Multimédia à l’ICIFTech, il est pris un temps, avec un ou plusieurs intervenants, pour aborder un sujet important en lien avec Arts et Métiers.

    Présentation du podcast

    La métallurgie, et plus spécialement le traitement de surface de l’acier, sera examinée avec Philippe Jacquet, enseignant-chercheur, directeur-adjoint du Laboratoire des Matériaux et Procédés (LaBoMaP) et responsable du Laboratoire commun LabCom CLAS financé par l’Agence Nationale de la Recherche. Le LaBoMaP et le LabCom CLAS sont situés sur le campus Arts et Métiers de Cluny.

    Temps forts 

    • Les matériaux métalliques
    • Une recherche au Laboratoire des Matériaux et Procédés (LaBoMaP) axée sur les traitements thermiques et thermochimiques ainsi que sur les analyses des structures métallurgiques 
    • La formation en métallurgie sur le campus Arts et Métiers de Cluny, conseils et ressources à consulter
    • Le LabCom CLAS, projet proposé par l’Agence Nationale de la Recherche
    • Retour sur les premiers alliages à mémoire de forme

    Qui est Philippe Jacquet ?

    Philippe Jacquet, a réalisé sa thèse à Arts et Métiers sur la cémentation basse pression des aciers et le développement d’un capteur de suivi. Entre 2002 et 2023, il a travaillé à ECAM LaSalle, Ecole d’ingénieurs située à Lyon où il a réalisé ses enseignements et ses activités de recherche dans le domaine de la métallurgie. En 2008 il a été à l’initiative d’un partenariat de recherche entre le laboratoire de recherches d’ECAM LaSalle de Lyon et le Laboratoire des Matériaux et Procédés, LaBoMaP situé sur le campus Arts et Métiers de Cluny.
    Philippe Jacquet soutient en 2015 son Habilitation à Diriger des Recherches à l’Université Bourgogne Europe. Il rejoint en 2023 le, LaBoMaP, dont le directeur est Louis Denaud. Il est directeur adjoint de ce même Laboratoire et responsable du projet financé par l’Agence Nationale de la Recherche, le Laboratoire commun ou LabCom CLAS.

    Références 

    Campus Arts et Métiers de Cluny
    LaBoratory of Materials and Processes (LABOMAP)
    Labcom CLAS
    Publications du LABOMAP sur HAL – ENSAM – École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
    Philippe Jacquet | LinkedIn

    BONNE ECOUTE

    > Retrouvez l’épisode n°26 de Paroles d’Arts et Métiers sur : https://www.youtube.com/watch?v=dVCzcvkTJaY 

    > Retrouvez l’ensemble des épisodes Paroles d’Arts et Métiers sur La chaine YouTube d’Arts et Métiers : https://youtube.com/playlist?list=PL0XGr5F6_s9h5bV9GTjclwtNW_8aV9s66&feature=shared 

  • Quand je serai grand·e, je serai ingénieur·e… » : Les élèves du campus de Lille « Partenaires Scientifiques pour la Classe

    Quand je serai grand·e, je serai ingénieur·e… » : Les élèves du campus de Lille « Partenaires Scientifiques pour la Classe

    Éveiller la curiosité des enfants des écoles maternelles et élémentaires en les sensibilisant aux sciences et à la technologie, c’est l’objectif du projet Partenaires Scientifiques pour la Classe, dans lequel le campus de Lille s’implique pour la 26ème année.

    Initié par Henri Fresko, alors enseignant de mécanique, le projet est coordonné depuis la rentrée 2023 par Olivier Roussette, chargé de mission Diffusion des sciences et de la technologie pour le campus.

    Développés en collaboration avec les conseiller·ères pédagogiques de circonscription, ces partenariats concernent d’abord des établissements en réseau d’éducation prioritaire (REP et REP+). Ils ont pour ambition d’élargir le champ des possibles d’enfants parfois confrontés à des difficultés scolaires et/ou sociales.

    Un vecteur d’inclusion dès le plus jeune âge

    Afin de développer l’enseignement des sciences et de la technologie dès l’école primaire, le dispositif Partenaires Scientifiques pour la Classe, proposé par la fondation La Main à la pâte, rapproche des scientifiques (étudiant·es, chercheur·euses, ingénieur·es…) et des enseignant·es en classes de maternelle ou d’élémentaire pour accompagner ces dernier·ères dans la préparation et la réalisation de séances pratiques en classe.

    Pour l’année universitaire 2025-2026, 18 élèves ingénieur·es de première année du campus de Lille se sont engagé·es dans ces partenariats en formant des binômes et ont ainsi sensibilisé les élèves de 19 classes de maternelle et d’élémentaire de la Métropole Lilloise aux domaines de la science et de l’ingénierie à travers des projets aussi formateurs que créatifs.

    Un premier pas vers les études et les carrières scientifiques

    À travers le dispositif Partenaires Scientifiques pour la Classe, les élèves d’Arts et Métiers sont amenés à penser et réaliser eux-mêmes des expériences pratiques pour expliquer la thématique scientifique ou technologique étudiée en classe. Ils les proposent aux enseignant·es des écoles partenaires et les développent lors de séances de préparation menées avec les professeur·es des écoles.

    Louane Devos et Victoire Denise, étudiantes en 1re année du Programme Grande École, ont choisi de s’intéresser cette année aux véhicules motorisés et roulants. Elles interviennent auprès de quatre classes de l’école maternelle André (inscrite en REP+). « Je suis très fière d’avoir l’opportunité de donner le goût de la science aux enfants à travers ce projet, car ce sont ce type de témoignages qui m’ont moi-même conduite à choisir les études que je poursuis aujourd’hui. Comme nous l’ont expliqué les maîtres et maîtresses, il est très important pour les élèves d’avoir des exemples ou des modèles qui les motivent à s’intéresser aux sciences et, peut-être, à s’y spécialiser plus tard », indique Victoire.

    Louane poursuit : « Cette expérience est très enrichissante, elle nous permet de développer notre aisance à l’oral. C’est impressionnant de voir à quel point les enfants sont investis malgré leur jeune âge. Ils apprennent plein de choses, et nous aussi ! J’aurais adoré participer à ce genre d’activités quand j’étais petite. »

    Un projet porteur de sens et formateur pour les étudiant·es Arts et Métiers

    « Ce projet permet chaque année aux élèves volontaires de s’initier à la pédagogie et à la transmission des savoirs », explique Olivier Roussette, ingénieur de recherche et coordinateur du dispositif pour le campus de Lille. « Au contact des équipes accompagnées au fil des séances, ils peuvent développer des compétences de conduite de projet, de travail collaboratif, ainsi que de gestion du temps et de communication auprès d’un très jeune public non-expert ». Il souligne surtout « l’engagement constant, volontaire et bénévole de nos élèves-ingénieur·es dans cette action porteuse de valeurs de partage et d’égalité des chances au bénéfice des enfants encadrés ».  

    Bravo à l’ensemble des élèves engagé·es dans cette expérience et merci à Olivier Roussette pour son implication !

  • Agir pour le DDRS : l’engagement commun de l’INSA Hauts-de-France et STELLANTIS

    Agir pour le DDRS : l’engagement commun de l’INSA Hauts-de-France et STELLANTIS

    Avec le soutien du groupe STELLANTIS, l’INSA Hauts-de-France déploie, auprès de ses élèves-ingénieurs, des actions de sensibilisation, de formation et d’innovation autour des sujets liés au Développement Durable et à la Responsabilité Sociétale (DDRS).

    Cet engagement philanthropique « Sustainable & societal development in higher education @INSAHdF » de la part de STELLANTIS, permettra in fine de former de futurs ingénieurs capables d’appréhender l’ensemble des enjeux du DDRS grâce à la mise en œuvre d’enseignements, de projets et d’évènements, durant toute la durée de leur cursus pédagogique.

    Un projet d’éducation philanthropique fondamental

    Depuis plusieurs années, l’INSA Hauts-de-France a décidé de renforcer le socle des connaissances et compétences de ses élèves sur les aspects DDRS. Cette volonté a émergé au regard des enjeux grandissants des entreprises et de la société civile face aux problématiques liées à l’énergie, au climat et l’environnement, et au besoin d’y apporter des réponses pérennes pour construire un futur durable.

    Pour l’INSA Hauts-de-France, il s’agit alors de former des ingénieurs, qui ne sont pas seulement compétents techniquement, mais également capables d’appréhender les besoins du monde socio-économique et industriel, et de développer des solutions concrètes dans leurs futures pratiques professionnelles en intégrant les dimensions techniques, humaines et sociales qu’implique le DDRS.

    Le mécénat philanthropique « Sustainable & societal development in higher education @INSAHdF » porté par STELLANTIS, soutient pleinement cette démarche engagée par l’INSA Hauts-de-France et vient renforcer les engagements pris par l’établissement sur ces sujets.

    Il permet principalement d’augmenter le niveau d’intégration des problématiques DDRS dans la formation des ingénieurs, tout en proposant des actions également bénéfiques pour le territoire et ses habitants.

    Cette mise en œuvre s’opère au travers de cours, de conférences, de projets ainsi que d’études de cas in-situ pour répondre à trois objectifs principaux :

    • Objectif 1 : Promouvoir la formation des ingénieurs de l’INSA Hauts-de-France en intégrant les aspects environnementaux dans tous ses modules de formation et améliorer l’employabilité de ses étudiants.
    • Objectif 2 : Créer un nouveau module d’enseignement pour chaque nouvelle promotion sur la base d’une étude de terrain.
    • Objectif 3 : Proposer des solutions d’amélioration de l’habitat aux bailleurs sociaux.

    De la même manière, cette dynamique s’inscrit pleinement dans les valeurs portées par le Groupe INSA, qui a développé des dispositifs pédagogiques tels que ClimatSup INSA en s’associant au think tank The Shift Project pour sensibiliser aux enjeux socio-écologiques.

    Un soutien concret à la formation des élèves-ingénieurs

    Dans cette dynamique, l’INSA Hauts-de-France, aux côtés de STELLANTIS, ont d’ores-et-déjà pu concrétiser plusieurs actions et projets pédagogiques au bénéfice des élèves-ingénieurs.

    Rentrée Climat

    Cet évènement est proposé à la rentrée, aux élèves-ingénieurs de 1°année. Il leur permet de découvrir les enjeux du changement climatique de manière ludique et interactive. Basé sur le format de la Fresque du Climat, cet atelier participatif est idéal pour créer un cadre d’échange positif et inciter à la mise en place d’actions concrètes pour bâtir une planète plus durable.

    Conférences

    L’INSA Hauts-de-France a accueilli plusieurs conférenciers de renom dont les travaux traitent principalement de l’impact des technologies et des activités humaines sur l’environnement et le climat.

    • « Sur le front du réchauffement climatique » avec le Dr. Heidi Sevestre, glaciologue
    • « Quelles transitions pour nos mobilités ? » avec le Dr. Aurelien Bigo, chercheur sur la décarbonation des transports. Cette conférence a été organisée dans le cadre de la SAE « Enjeux climatiques » à destination des étudiants de 1° année afin de les sensibiliser sur les enjeux de la transition écologique appliqués aux transports (sobriété des modes de déplacement, habitudes, …)

    Expérience immersive Climate sense

    L’INSA Hauts-de-France a accueilli sur son campus « Climate Sense », une expérience immersive permettant de ressentir physiquement et physiologiquement les effets du réchauffement climatique. Durant 30 minutes, au sein d’un espace à 50°C, les étudiants ont reproduit des activités du quotidien (activité physique, loisirs et travail de réflexion) afin de mesurer l’impact concret d’une telle température, qui pourrait être effective en France d’ici le milieu du siècle.

    L’objectif de ce dispositif est principalement de constater les impacts corporels d’une telle hausse de température pour inciter au passage à l’action et définir des solutions possibles à l’échelle nationale mais aussi locale et personnelle.

    Projets pédagogiques de fin d’études

    Plusieurs élèves-ingénieurs en dernière année ont travaillé sur des projets innovants en matière de DDRS. Ces projets leur permettent notamment d’élaborer des solutions concrètes et objectivées en travaillant chaque étape du processus de conception pour aboutir à la création d’un prototype. Il peut également s’agir d’études menées in situ, sur le territoire local, afin d’apporter des réponses à des problématiques de terrain.

    • ​​​​​​​Tête de tri intelligente : ce dispositif innovant de tri automatisé des déchets a pour objectif d’optimiser cet écogeste du quotidien au sein même de l’INSA Hauts-de-France.
    • Application mobile pour le bailleur social SIGH : cet outil permet le suivi des consommations énergétiques, l’analyse des habitudes de consommation mais également la sensibilisation aux écogestes, tout en facilitant les interactions entre locataires et gestionnaires.
    • Projet “Habiter 2030” – Stratégie de rénovation énergétique de bâtiments à Roubaix face à la précarité : cette étude concerne la réhabilitation de deux ilots en bord de canal et d’une courée dans la commune de Roubaix. Développé en collaboration avec plusieurs acteurs territoriaux, ce projet permet d’aborder les notions de performance énergétique, d’intégrer la notion de qualité de vie face aux enjeux de précarité et de présenter des solutions architecturales et paysagères adaptées à une réalité situationnelle.

    Ces actions illustrent l’engagement de STELLANTIS aux côtés de l’INSA Hauts-de-France pour contribuer à la formation d’ingénieurs responsables, acteurs des transitions, capables de concevoir des solutions durables au service du territoire et de la société.