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  • Projection du film « Intercepted »

    Projection-débat​

    Thème : Projection du film « Intercepted », l’un des cinq finalistes du Prix LUX du public 2025

    Modérateur : Etienne Peyrat, directeur de Sciences Po Lille, maître de conférences en histoire

    Lieu/Horaire : Amphi A / Hannah Arendt – 18h

    Projection organisée avec la Ville de Lille, dans le cadre du Prix LUX du public 2025 du Parlement européen

    Sur inscription

  • Retour sur le FIGRA 2025 : l’ESJ Lille au cœur du festival du grand reportage

    Du 1er au 5 avril 2025, l’ESJ Lille a une nouvelle fois été partenaire du FIGRA – Festival International du Grand Reportage d’Actualité et du Documentaire de Société, qui s’est tenu à Douai. Pendant cinq jours, les étudiant(e)s de l’école ont vécu une immersion au sein d’un événement incontournable pour le journalisme d’enquête et le documentaire.

    👉 Le programme complet du festival est consultable sur : www.figra.fr

    Une immersion terrain pour les étudiant(e)s

    Des étudiant(e)s de l’Académie ESJ Lille ainsi que de la 100e promotion du diplôme généraliste ont assuré la couverture journalistique du festival. Interviews, reportages, chroniques, articles… Leur travail a été publié sur FIGRACTU, un site d’actualité créé pour l’occasion.

    💻 À (re)découvrir ici : figractu.wordpress.com

    En pleine immersion, les étudiant(e)s ont pu se confronter aux exigences du terrain et mettre en pratique leurs compétences journalistiques en conditions réelles : préparation de sujets, rencontres avec les professionnel(le)s du secteur, rédaction et montage, sans oublier des interviews, comme celle du maire de Douai, Frédéric Chéreau.

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    Le Prix Aïna Roger ESJ Lille – FIGRA 2025

    Moment fort du festival : la remise du Prix Aïna Roger ESJ Lille – FIGRA, attribué par un jury d’étudiant(e)s de l’école à une première ou deuxième œuvre issue de la sélection officielle. Ce prix rend hommage à Aïna Roger, diplômée de la 20e promotion de la filière journalisme de proximité de l’ESJ Lille, et incarne les valeurs de rigueur, d’engagement et de transmission, chères à l’école.
    Cette année, les membres du jury ont récompensé le documentaire « Mères à perpétuité » de Sofia Fischer, qui traite du sujet de l’infanticide.
    📺 Documentaire à découvrir ici : https://lnkd.in/e7xj4iQY

    En participant activement au FIGRA, l’ESJ Lille confirme son engagement : une école tournée vers la pratique.

  • Des jumeaux numériques pour tester et expérimenter des environnements industriels complexes

    Avec le projet JENII, CESI et ses partenaires sont en train de développer un écosystème numérique et immersif utile et innovant au service de l’apprentissage et de la formation de leurs jeunes ingénieurs.

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    JENII : le projet qui réinvente l’apprentissage à l’ère numérique

    Nom de code : JENII. De quoi s’agit- il ? De jumeaux d’enseignement numériques, immersifs et interactifs. Ce programme ambitieux est l’un des 17 démonstrateurs de l’enseignement supérieur retenu et soutenu par le programme d’investissement d’avenir (DemoES ») lancé en 2021 par l’État Français.

    Afin de soutenir leur transformation numérique, la puissance publique a décidé d’accompagner un ensemble d’établissements représentatifs de la diversité de l’enseignement supérieur français. L’objectif ? Expérimenter en grandeur nature et à travers une nouvelle approche, l’ensemble des dimensions de cette transformation numérique indispensable. Les moyens pour y parvenir : définition de stratégies d’établissement, transformation des cursus, amélioration des équipements, formation des enseignants et des étudiants, mise à disposition de ressources pédagogiques, de plateformes et d’outils…

    Doté du plus gros budget (14 millions d’euros) parmi les projets sélectionnés dans l’appel à manifestation d’intérêt, JENII, regroupe un consortium comprenant plusieurs partenaires académiques : l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers (ENSAM), le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), l’école d’ingénieurs CESI et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alter- natives (CEA).

    L’objectif de ce projet ambitieux est de développer de nouvelles formes d’environnement d’apprentissage proches des réalités professionnelles en s’appuyant sur le concept de jumeau numérique.David Garcia, responsable du département recherche et innovation à CESI

    Qu’est-ce qu’un jumeau numérique ?

    19 jumeaux numériques grâce au projet JENII

    Il s’agit d’un modèle numérique qui reconstitue fidèlement un objet, une opération ou un système. Ce modèle est régulièrement utilisé, par exemple dans les moteurs d’avion, les éoliennes, les plates-formes offshore ou encore les édifices et les locomotives. « Grâce au système du jumeau numérique, une action réalisée sur le système réel est répercutée dans le modèle numérique et vice-versa » traduit David Baudry, directeur de recherche et responsable de l’équipe de recherche ingénierie et outils numériques chez CESI. Le projet JENII, d’une durée de 3 ans, utilise également les technologies immersives (réalités augmentées, virtuelles et étendues). Parmi les objectifs ambitieux et concrets du projet JENII figure le développement de modèles de formation et de méthodologies afin de permettre un déploiement matériel et humain à grande échelle.

    Autre objectif : créer des formations individualisées et multimodes.
    « L’un des mérites essentiels de JENII est de pouvoir donner accès à des environnements industriels réels et complexes à distance à nos étudiants, sans risque pour ces derniers et pour le matériel » vante David Baudry. Jusqu’à présent, 1 100 étudiants, répartis sur les 25 campus de CESI, ont pu, dans le cadre du projet industrie de leur première année du cycle préparatoire intégré, expérimenter le jumeau numérique dans le contexte d’un atelier flexible de production, constitué d’une chaine de production automatisée, de postes manuels et cobotiques et de robots.
    « À travers ce jumeau numérique, ces jeunes étudiants ont découvert, virtuellement, pour la première fois un processus industriel d’assemblage de vélos d’enfants. Ils ont pu également étudier la gestion de production avec des thématiques telles que la nomenclature des produits, les gammes de fabrications ou les flux de productions » souligne David Baudry.


    Ces mêmes étudiants ont également réalisé un projet industriel concret, intégrant la notion de client et de coût de revient. « Découvrir une réalité industrielle à laquelle ils seront confrontés dans leurs futurs environnements professionnels à travers ce dispositif virtuel est plus intéressant que de simplement travailler depuis leur PC » pointe David Baudry qui précise que l’environnement numérique nécessaire à la mise en œuvre de JENII a été déployé sur les campus à travers le Digitalab de l’école. « Dans le cadre de ce cursus, nos tuteurs et enseignants ont challengé les étudiants et ont répondu à leurs questions et à leurs interrogations » précise David Garcia qui rappelle que JENII possède, au total, 19 jumeaux numériques (atelier usinage, de déroulage, de forgeage, de turbo- machine, de voiture électrique…). Forts de la vingtaine de plateformes de jumeaux numériques que possède CESI, ses équipes de recherche continuent d’élaborer des scénarios de modules de formation et d’apprentissage. Au-delà de la qualité intrinsèque de ces outils qui permettent aux étudiants d’apprendre et d’expérimenter dans des conditions optimales et innovantes, les jumeaux numériques vont représenter des atouts décisifs pour accélérer la formation des techniciens et des ingénieurs dans la cadre des politiques de réindustrialisation nécessaire au tissu économique hexagonal.

  • La réindustrialisation, un chantier difficile mais passionnant pour la France

    Depuis 2017, la France s’est lancée dans une politique volontariste pour faire revenir dans l’Hexagone des pans de son industrie mais également pour susciter des projets industriels innovants. Tour d’horizon.

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    Réindustrialisation : la France relance ses usines malgré les crises

    Chantier prioritaire du président Emmanuel Macron, la réindustrialisation de la France, entamée en 2017, poursuit son cap malgré les nuages politiques et géopolitiques. Selon un baromètre de l’état français diffusé au printemps 2024, la dynamique de relocalisation industrielle est restée positive en 2023 dans l’Hexagone, malgré de nombreux facteurs extérieurs défavorables : envolée des prix de l’énergie due à la guerre en Ukraine, taux d’intérêts élevés, exacerbation de la concurrence entre pays pour attirer les meilleurs projets…

    Au total, l’an dernier, 57 nouvelles usines (solde des ouvertures et des fermetures) sont sorties de terre en France contre 49 en 2022. Si l’on tient compte des agrandissements de sites, ce chiffre s’élève même à 201, contre 176 un an plus tôt. L’emploi industriel, de son côté, a progressé, en valeur absolue, avec 130 000 créations depuis 2017. Selon la Banque de France sur la seule année 2023, l’effectif total des entreprises de l’industrie manufacturière a progressé de 1,8%. Léger bémol toutefois, bien que les usines poursuivent leur installation dans l’Hexagone, la production industrielle n’en bénéficie pas encore. En février dernier, cette dernière demeurait légèrement inférieure à son niveau de 2015.

    Au sein d’un tableau optimiste et encourageant de la réindustrialisation en cours, certains secteurs souffrent toujours des conséquences de la crise sanitaire. À l’image de l’aéronautique, dont la production demeure inférieure de 25% à son niveau d’avant-pandémie, ou, pour des raisons différentes, de l’ automobile. Bonne nouvelle, toutefois, selon le baromètre, la France a enregistré un afflux d’investissements significatifs dans un certain nombre d’autres secteurs industriels, comme l’agroalimentaire, par exemple, qui a vu surgir le plus grand nombre d’implantations nouvelles ou d’extensions (47 au total), en 2023.

    Les autres secteurs en plein regain ? L’industrie verte et l’économie circulaire (gigafactories de batteries, production d’ hydrogène, photovoltaïque, recyclage) avec 29 opérations réalisées en 2023, mais aussi les transports (22) et la santé (20). La métallurgie, pénalisée en 2022 par la crise de l’énergie s’est dotée elle aussi de capacités de production supplémentaires l’an dernier.

    D’autres secteurs, énergivores eux aussi, apparaissent, en revanche, moins favorisés. À l’image du secteur du papier-carton qui a enregistré un solde négatif (-1) l’an dernier, tandis que le nombre d’installations dans la plasturgie stagnait.

    Vers une nouvelle géographie industrielle en France

    73 opérations réalisées en 2024 en région Auvergne-Rhônes Alpes

    Sur un plan géographique, le paysage industriel hexagonal est en phase de recomposition. La région Auvergne-Rhône Alpes apparait ainsi comme la grande gagnante de l’élan collectif de réindustrialisation, avec 73 opérations réalisées l’an dernier, suivie de la Nouvelle-Aquitaine. À elles deux, ces régions concentrent la moitié des ouvertures nettes d’usines sur le territoire français. Dans ces conditions, l’heure est à l’optimisme même s’il faut rester prudent tant le contexte politique est tendu.

    « Depuis 2017, notre pays redevient un territoire attractif pour les investissements industriels français et étrangers, en raison d’un véritable volontarisme politique et d’une prise de conscience globale de la part des acteurs économiques, du besoin impérieux de relocaliser notre production tout en la rendant davantage décarbonée. » se réjouit Gwénael Guillemot, directeur de l’institut de la réindustrialisation & responsable du département pôle industrie et services à CESI. Il estime que cette prise de conscience a été renforcée par la crise sanitaire qui a vu, notamment dans l’Hexagone, des interruptions temporaires de production et d’approvisionnement notamment vis-à-vis de la Chine et qui a mis en lumière le manque de médicaments stratégiques (principes actifs, masques).

    « L’industrie est (re)devenue, à juste titre un symbole de la souveraineté nationale et un actif stratégique » poursuit Gwénael Guillemot, qui pointe l’année 2022 comme symbole, celle où depuis 2017, la France a enregistré un nombre de créations d’usines égal à celui des fermetures et à la création d’emplois sur le territoire. Quoiqu’il en soit, la réindustrialisation progressive du pays s’inscrit dans une démarche de longue haleine, après plusieurs décennies où les usines quittaient le territoire national, les unes après les autres. Alors que la part de l’industrie représentait 19% du PIB en 1972, elle ne pesait plus que 9% en 2020. De même, la part d’emplois industriels pesait 37,4% du total en 1982, contre 13,3% en 2020. Le mouvement de rapatriement de leurs productions dans l’Hexagone par les entreprises françaises permet de revitaliser l’industrie locale et de mettre en avant l’expertise du pays.

    « L’industrie est (re)devenue, à juste titre un symbole de la souveraineté nationale et un actif stratégique »Gwénael Guillemot

    Les moteurs de la réindustrialisation : volonté politique et innovation

    30 milliards d’euros investis sur la compétitivité industriel avec le plan France 2030.

    Selon Gwénael Guillemot, au-delà des relocalisations, les nouveaux projets issus de l’innovation ou l’agrandissement de sites déjà existants sont le moteur de la réindustrialisation. Ces succès, qui demandent à être confirmés, ne sauraient être obtenus sans le soutien des pouvoirs publics. En particulier avec le plan France Relance (100 milliards d’euros) initié en septembre 2020 qui a appuyé́ près de 800 projets et généré près de 4 000 emplois mais également avec le plan France 2030 doté de 30 milliards d’euros et déployé sur 5 ans qui vise à renforcer la compétitivité́ industrielle du pays et à promouvoir les technologies du futur. Grâce à ces impulsions des pouvoirs publics les startups industrielles françaises ont enregistré́ une accélération de leur développement, levant plus de 3,78 milliards d’euros en 2022.

    Au total, plus de 70 nouveaux sites industriels ont été créés par des startups, PME ou ETI, dynamisant ainsi le tissu régional. Dans cette politique tous azimuts de réindustrialisation, la prise en compte de l’environnement se révèle plus que jamais essentielle. Afin de faire de la France une nation décarbonée la loi industrie verte promulguée en octobre 2023 et qui s’articule autour de plusieurs axes (financer l’industrie verte, accélérer les implantations industrielles, réhabiliter les friches, verdir la commande publique) a répondu à un double objectif.

    Tout d’abord, lutter contre l’urgence climatique. Dans ce cadre, une baisse de 41 millions de tonnes d’équivalent CO2 est attendue d’ici 2030 grâce aux principales mesures que la loi industrie verte contient, ce qui représenterait 5 % de réduction de l’empreinte des importations et 1 % de l’empreinte totale de la France.

    Le deuxième objectif de la loi est de nature économique en visant la réindustrialisation « propre » et la création d’emploi. « Les efforts en faveur de la réindustralisation de la France doivent aussi contribuer à maintenir sa compétitivité dans un concert mondial où les géants économiques et politiques ne restent pas inactifs, bien au contraire », prévient Gwénael Guillemot qui signale que malgré le volontarisme affiché, l’Europe a pris du retard vis- à-vis de ses concurrents.

    La Chine et l’Inde concentrent ainsi 60% des investissements industriels dans le monde et les États-Unis orientent de nouveau des investissements colossaux vers le développement industriel. « L’Europe doit mettre en place une véritable politique stratégique industrielle, ce qu’elle n’a jamais encore réalisé pour le moment. Les efforts déployés pour faire face aux besoins en armes de l’Ukraine peuvent représenter un début de coopération industrielle à grande échelle », espère Gwénael Guillemot.

    Directeur général du cabinet d’études Trendeo spécialisé dans la veille et l’information économique, David Cousquer reconnait que si la réindustrialisation est un chemin semé d’embûches, avec des hauts et des bas, la tendance de moyen terme demeure encourageante, malgré des difficultés rencontrées fin 2024. « Depuis 2016, l’industrie est repassée dans le vert. La France a bien résisté au choc sanitaire. Les gigafactories qui se sont installées dans le nord de la France pour produire des batteries pour les voitures électriques vont dans le bon sens », juge-t-il, pointant toutefois les points faibles de l’industrie française. Notamment une stratégie haut de gamme (ex : luxe) qui ne concerne que des niches et des petits volumes et qui n’est pas de nature à redresser le déficit commercial abyssal du pays (99,6 milliards d’euros en 2023).

    « La France doit attirer et générer des projets industriels, de plus grande ampleur, à plusieurs milliards d’euros afin d’enclencher des externalités vertueuses, notamment dans le secteur stratégique des semi-conducteurs. Les industriels français doivent davantage produire dans l’Hexagone des objets du quotidien » estime-t-il. Selon David Cousquer, si les aides du gouvernement représentent un premier pas vertueux pour favoriser la réindustrialisation, les petites structures industrielles innovantes ont besoin d’être davantage accompagnées sur des aspects essentiels, comme par exemple la recherche de terrains.

    « Avec la loi Climat et résilience de 2021 qui définit un objectif de zéro artificialisation nette pour 2050, il n’est pas simple de trouver du foncier Certes, il faut utiliser les friches industrielles, mais ces dernières sont souvent difficiles à aménager et à dépolluer » explique-t-il. Pour lutter contre le manque de compétences et de ressources humaines nécessaires à la réussite de la réindustrialisation, David Cousquer estime qu’il serait nécessaire, par exemple, de développer davantage la robotisation, domaine dans laquelle la France possède du retard par rapport à ses principaux concurrents, mais également les outils d’intelligence artificielle.

    Le développement des compétences et l’attractivité des métiers

    Si la France possède toujours la 1 re place européenne en termes d’attractivité (baromètre EY de l’attractivité de la France, 2024), les implantations et extensions dans l’Hexagone s’avèrent moins denses en emplois (35 créations d’emplois en moyenne) que dans le reste des principaux pays d’accueil des investissements étrangers en Europe (49 en Allemagne, 61 au Royaume- Uni). Délégué général de l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) qui représente 42 000 entreprises du secteur et 1,5 million de salariés, Hubert Mongon estime que l’enjeu de la transmission des compétences techniques et industrielles est primordial pour favoriser la réindustrialisation. Le défi des compétences conditionne la réussite de celle-ci. Cela recouvre l’adaptation de notre appareil de formation aux évolutions démographiques, sociétales… ainsi que l’attractivité des métiers industriels.

    « Il faut encourager la formation tout au long de la vie, réussir la réforme des lycées professionnels, davantage professionnaliser l’enseignement supérieur universitaire et poursuivre le développement de l’apprentissage. Fin 2023, nous avons d’ailleurs atteint les 75 000 alternants formés dans la branche de la métallurgie. Pour sécuriser le parcours de ces alternants, il faut s’attaquer à la politique du logement et de la mobilité ». Sur un plan macroéconomique, Hubert Mongon revendique une diminution du nombre de normes réglementaires « déjà très élevées dans le pays », le maintien de la politique de l’offre mis en place à partir 2012 par le président Hollande ainsi que la sanctuarisation de dispositifs qui ont fait leur preuve, comme le crédit impôt recherche.

    « Pour pouvoir innover et réindustrialiser, l’État doit être attentif à ce que la politique fiscale envers les entreprises ne les freine pas dans leur élan. »

  • La formation et l’attractivité, deux défis majeurs pour réussir la réindustrialisation

    Amélioration de l’image de l’industrie grâce à une meilleure mise en avant de ses atouts, territorialisation de la formation : les pistes pour trouver les profils nécessaires à la relance du secteur sont nombreuses.

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    Réindustrialisation de la France : un défi de compétences à relever

    l’immersion académique au cœur de l’industrie 4.0

    Rapprocher le monde académique et industriel passe par des dispositifs d’apprentissage immersifs. L’intégration d’outils comme la réalité augmentée et
    les simulateurs virtuels au cours de parcours immersifs, offre aux étudiants une approche concrète de l’industrie 4.0.

    Les experts en conviennent, de manière unanime. La réindustrialisation tricolore sera couronnée de succès si elle parvient à faire face à plusieurs défis dont la pénurie de compétences. En effet, la politique de formation insuffisante et la faible attractivité des métiers industriels sont des causes de ce déficit. « Un des points bloquants de la réindustrialisation est le manque de ressources humaines, reconnait Gwénael Guillemot, responsable du département pôle industrie et services à CESI. La France forme 45 000 ingénieurs par an. Il en faudrait 20 000 supplémentaires chaque année. Le constat est identique pour les techniciens ». Selon le Ministère de l’industrie, la France a créé 90 000 emplois industriels entre 2017 et 2022.

    À ce rythme, compte tenu des pertes de compétences accumulées par des décennies de désindustrialisation, la part de la population active travaillant dans l’industrie passerait d’ici 2070 de 12% à 14%, un ratio éloigné des 16% de la moyenne actuelle de l’Union Européenne. Par ailleurs, le nombre d’emplois industriels vacants a été multiplié par trois entre 2017 et 2022, pour atteindre environ 60 000 (chiffres DARES, 2023), soit un manque à gagner annuel de 4,8 milliards d’euros de valeur ajoutée. Autre souci bien réel : la « bombe démographique », que représente les 800 000 départs à la retraite dans le secteur d’ici 2035. « Cette pénurie de profils représente un frein sérieux pour régime, ce qui est de nature à freiner leur croissance et leur productivité » analyse Gwénael Guillemot.

    Métiers industriels : attirer les jeunes talents pour construire demain

    Comment en est-on arrivé là ? Premier constat inquiétant : une dégradée de l’industrie depuis plusieurs années, notamment vis-à-vis des jeunes générations qui ont tendance à se détourner des filières scientifiques et techniques. Ce déficit d’attractivité concerne à la fois les métiers de l’industrie, l’impact environnemental du secteur et le manque de diversité, avec un nombre insuffisant de femmes.
    « Certains jeunes ont une image négative de l’ industrie car les parents et grands-parents de ces derniers ont parfois travaillé dans des usines ou des installations industrielles dans lesquelles les conditions de travail n’étaient pas optimales, où la pollution régnait. Cela ne correspond plus du tout à la réalité », note Gwénael Guillemot.

    Dans ces conditions, comment inverser la tendance et redorer l’image de ce secteur dynamique et plein de promesses ?

    Tout d’abord, en mettant en avant les nombreux atouts de l’univers industriel : un environnement dans lequel les technologies de pointe sont omniprésentes, une innovation à haute intensité, une durabilité croissante des modes de production, des salaires de cadres supérieurs à 20% par rapport aux autres domaines d’activité, des investissements massifs dégagés par la puissance publique (ex : France Relance) ces dernières années. Même si ces métiers requièrent des compétences techniques pointues, un nombre croissant de recrutement dans l’industrie valorisent les compétences comportementales (« soft skills »), ce qui pourrait élargir le spectre du vivier des candidats. Sur le plan de la formation, Guillaume Basset et Olivier Lluansi, experts reconnus dans l’univers de l’industrie proposent un certain nombre de solutions : une territorialisation des outils de formation sur chaque zone géographique du pays, définition de l’instauration d’une véritable stratégie de formation aux métiers industriels, une mutualisation à grande échelle des plateaux techniques s’adressant à l’ensemble des parcours de formation afin de privilégier les proximités domicile-formation-emploi.

    Autre piste suggérée par ces experts : substituer à une logique par public (apprentis, jeunes, salariés, demandeurs d’emploi ou seniors) qui a structuré historiquement les politiques de formation et d’emploi, une démarche de territoire, ce qui nécessiterait le décloisonnement à l’échelle territoriale des établissements de formation.

  • Alexis Sanchez : un mental de champion

    Concilier rééducation, études et sport de très haut niveau : c’est le défi fou qu’a relevé Alexis Sanchez. Ingénieur diplômé de CESI en 2023, privé de ses jambes suite à un grave accident, il a participé aux Jeux paralympiques 2024 en aviron. Rencontre avec un alumni au parcours de vie hors du commun.

    Le parcours unique d’Alexis Sanchez

    Alexis, peux-tu te présenter ?

    Je m’appelle Alexis Sanchez, j’ai 25 ans et deux casquettes : je suis diplômé de l’école d’ingénieurs CESI, que j’ai intégré après un bac scientifique, un cursus que j’ai choisi pour l’assurance d’un bagage et d’une situation financière solides. Parallèlement, j’évolue en équipe de France en tant qu’athlète paralympique en skiff, un bateau d’aviron à un rameur. 2024 restera une très grande année car que j’ai eu la chance extraordinaire de disputer mes premiers Jeux, à Paris. C’était l’ objectif que je m’étais fixé après l’été 2019 : j’ai eu un très grave accident de scooter qui a nécessité une amputation de mes deux jambes juste au-dessus des genoux. Je suis resté un an en centre de rééducation, où j’ai subi de multiples opérations. J’étais si heureux d’être encore en vie. Très vite, j’ai voulu me relever pour ma famille, rebondir pour faire quelque chose de fort. Et comme je suis quelqu’un de défi, qui n’aime pas stagner, je me suis fixé un triple projet : retrouver mon autonomie de marche ; terminer mes études et… faire les Jeux olympiques, alors que j’étais très loin du sport de compétition avant !

    Pourquoi avoir choisi l’aviron ?

    C’est l’histoire d’un coup de cœur et d’une rencontre. Il me fallait un sport que je pouvais pratiquer sans les membres inférieurs (je n’ avais pas à l’époque l’autonomie que j’ai aujourd’hui). Lorsque j’ai découvert l’aviron, avec l’association l’Avi-Sourire, j’ai tout de suite accroché : j’ ai aimé la sensation de glisse, la recherche du coup parfait, de la respiration parfaite, presque de la méditation, les paysages naturels, l’osmose avec le bateau. Et puis il y a eu les échanges avec Dominique Guende, la présidente de l’Avi-Sourire, qui a cru en moi et en mon projet. Je ne me rendais pas compte du niveau d’exigence que demande le paralympisme. Mais ensemble nous nous sommes entourés de meilleures compétences et avons monté un schéma de performance, pour me permettre de me professionnaliser. En général, il faut trois à quatre ans pour être un bon rameur, nous avons réussi en deux ans !

    Comment t’es-tu préparé ?

    Première chose, j’ai réappris à marcher. Cela m’a demandé six mois d’efforts très intenses, mais je suis parvenu à retrouver mon autonomie. J’ai aussi vite repris mes études, dès 2021, et validé mon diplôme. Le groupe Equans (anciennement ENGIE) avec lequel j’avais fait mon alternance en première année a continué à m’accompagner pendant et après mon accident. Il m’a proposé une nouvelle alternance dans une autre de leurs filiales pour que je puisse rester sur Marseille où avaient lieu les entraînements. Puis, une fois diplômé, alors que je n’étais pas encore en équipe de France, il m’a offert un contrat de travail, me libérant 90 % du temps.

    J’ai alors pu me concentrer pleinement sur mon objectif : les Jeux 2024 ! Mais avant, j’ai dû décrocher mon ticket pour participer. J’ai disputé les championnats du monde en septembre 2023, pile au moment où je passais mon diplôme de fin d’études. Cela n’a pas été simple ! J’ai fini 9ème, un très bon score, mais pas suffisant pour être qualifié. J’ai donc dû courir une régate supplémentaire en mai 2024, à Lucerne, que j’ai remportée et j’ai atteint mon premier objectif qui était de participer aux Jeux Paralympiques ! Mais je voulais plus, y aller pour gagner, un challenge d’autant plus difficile que je n’avais plus que trois mois pour me préparer. Nous avons mis les bouchées doubles, avec trois entrainements par jour. La recette : du travail, du travail et encore du travail ! Tout se joue sur les détails et le mental.

    Justement, c’est quoi ton moteur ?

    J’ai un mantra : on ne peut pas battre quelqu’un qui n’abandonne jamais. Après mon accident, je voulais prouver à moi-même et à ma famille que rien n’est impossible. Le sport a été ma reconstruction, et l’aviron m’a donné un cadre pour transformer une difficulté en force. Le sport que je pratique, un long sprint de quasiment dix minutes sur deux kilomètres, demande énormément d’investissement personnel, d’entraînement et de ressources. C’est ce don de soi, mélange d’efforts, d’adversité et d’abnégation, qui est récompensé et c’est ça que j’apprécie. J’aime aussi l’idée d’être en compétition avec des athlètes qui ont des histoires de vie similaires à la mienne, sont capables de surmonter leur handicap, de relativiser et de tirer le positif de chaque situation. Mentalement, ce sont des rocs ! Gagner contre eux signifie que je n’ai rien lâché.

    Je me suis fixé un triple projet : retrouver mon autonomie de marche ; terminer mes études et… faire les Jeux olympiques, alors que j’étais très loin du sport de compétition avant !Alexis Sanchez

    Retour sur les Jeux Paralympiques 2024

    Vous avez participé à vos premiers Jeux Paralympiques cette année, en France et avez atteint la finale. Comment avez-vous vécu cet événement ?

    Participer aux Jeux Paralympiques a été une expérience incroyable, un véritable rêve devenu réalité. Dès ma qualification en mai, j’ai mis tout en œuvre pour arriver prêt. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’atmosphère au village olympique : être entouré des meilleurs athlètes du monde et sentir le soutien du public français a été inoubliable. C’est une compétition qui dépasse le sport, elle véhicule des valeurs humaines et d’inspiration. Finir en finale pour une première participation, c’est une grande satisfaction. J’ai appris énormément : gérer le stress, les attentes et les enjeux d’une compétition d’une telle ampleur. Ces enseignements me serviront pour la suite. À Los Angeles 2028, l’objectif est clair : décrocher une médaille et aller encore plus loin dans ma progression.

    Pour conclure, en tant qu’athlète et ingénieur, comment vois-tu l’avenir ?

    Avoir fait une école d’ingénieurs m’a donné une méthodologie très utile dans ma préparation de sportif de haut niveau et une formation scientifique très complète pour préparer la suite. Pour le moment, je me concentre sur ma passion, l’aviron, avec en ligne de mire les Jeux de 2028.

    J’ai un autre défi qui me motive : les Jeux d’Hiver 2030. Ils m’offrent une opportunité unique pour explorer d’autres disciplines et repousser mes limites. L’idée de représenter la France dans une nouvelle catégorie est très excitante, et je réfléchis activement à intégrer un programme pour m’y préparer.
    Ensuite, j’aimerais évoluer dans le para-sport, afin de mettre à profit ma propre expérience en tant que concepteur et usager : travailler soit dans l’ingénierie du sport, par exemple pour optimiser la performance des matériels ; ou sur les technologies dédiées à améliorer l’autonomie des personnes en situation de handicap, notamment amputées. J’ai eu la chance de bénéficier des meilleures techniques, je me dois de rendre cela. Je veux partager mon expérience en tant qu’ambassadeur pour promouvoir l’inclusion par le sport.

  • L’apprentissage par la pratique : les étudiants du MSc PMBD présentent leurs projets finaux devant un jury d’experts

    Dans le cadre du MSc en Project Management for Business Development (PMBD), les étudiants ont récemment eu l’opportunité de présenter leurs projets lors d’une session finale organisée devant un jury composé de professionnels du secteur. Cet événement marquait l’aboutissement du cours Project Practice Portfolio, un pilier central du programme, et offrait une expérience d’apprentissage concrète, mêlant théorie, stratégie et impact réel.

    Tout au long du semestre, les étudiants ont été amenés à mettre en pratique leurs connaissances en développant et en pilotant de véritables projets, en occupant divers rôles au sein d’organisations simulées. Ces projets, ancrés dans les principes de gestion de projet et de portefeuille, ont permis de démontrer leur capacité à mener des initiatives complexes.

    Paul Gardiner, Directeur du MSc Project Management for Business Development, a partagé la philosophie de cette approche pédagogique :

    Nous attendons des étudiants qu’ils mettent leurs connaissances en pratique en réalisant de vrais projets, gérés à travers les compétences en gestion de projet et de portefeuille acquises durant la formation. Ils apportent des bénéfices réels au MSc, à SKEMA, voire à la communauté dans son ensemble.

    Cette journée de présentation s’est révélée à la fois exigeante et enrichissante. Les étudiants y ont présenté les résultats de leurs projets, leurs choix stratégiques et les enseignements tirés, devant un jury de professionnels issus de divers secteurs

    Cet exercice a permis aux étudiants de démontrer leurs compétences en leadership, en collaboration, en pensée critique et leur capacité à évoluer sous pression en faisant face aux imprévus. Il incarne parfaitement l’approche pédagogique du  Master of Science Project Management for Business Development, résolument axée sur l’apprentissage par l’action, et prépare les futurs diplômés à évoluer avec agilité dans des environnements professionnels complexes et dynamiques.

  • Sciences Po Lille suspend son activité sur X

    Sciences Po Lille suspend son activité sur X (ex-Twitter).

    L’évolution du réseau social X (ex-Twitter) ne correspond plus aux valeurs que nous défendons et a amené le conseil d’administration de l’école à décider, le 13 mars dernier, la suspension de notre présence. Nous restons pleinement engagés dans la promotion d’un débat éclairé et responsable, en cohérence avec notre détermination à lutter contre toutes les formes de discrimination, de violence, de désinformation.

    La sortie de X du code de bonnes pratiques de l’Union européenne contre la désinformation, la hausse des contenus haineux et fake news, la mise en avant des abonnés payants au détriment des sources fiables, les prises de position controversées de la direction de X, ont renforcé notre décision de cesser de publier sur X. Nous vous invitons à suivre notre actualité sur nos autres réseaux sociaux et notre site.

  • Ouverture prochaine de L’Atelier de Sciences Po Lille

    A l’automne prochain, L’Atelier de Sciences Po Lille ouvrira ses portes ! Ce nouveau bâtiment de 900 m2 est situé à proximité de l’école et de sa bibliothèque.

    Une exposition de présentation de ce nouvel espace est à découvrir au rez-de-chaussée de Sciences Po Lille, 9 rue Angellier.

    Nous vous invitons à découvrir cette grande expo à partir du mardi 22 avril prochain !