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  • Jeudi 26 février – Conférence de Paysage à 3 voix

    CONFÉRENCE À TROIS VOIX

    Les graines dans le projet d’aménagement

    Si la majorité des végétaux en aménagement proviennent de méthodes telles
    que bouturage et greffage, les graines jouent un rôle essentiel dans la
    conception. On distinguera la graine comme individu et les graines comme
    matériau pour créer un couvert végétal. L’approche horticole traditionnelle,
    orientée vers le contrôle et l’efficacité, cède parfois la place à des
    techniques inspirées par une vision plus écologique, laissant davantage de
    place à la spontanéité et à l’économie de moyens. Ces méthodes, plus souples
    et bienveillantes, invitent à repenser la conception paysagère en intégrant
    les aléas du vivant et rappellent que les plantes sont apparues sur Terre
    bien avant celle de l’Homme.

    Laure Planchais, Paysagiste

    À ciel ouvert

    Accompagner les paysages ordinaires, ceux du quotidien.
    « Il n’y a pas de petit sujet ni de petit maître d’ouvrage ».
    Arpenter, comprendre les usages et les transformations.
    Mettre à la lumière du jour, révéler ce qui est caché.
    Évoluer, composer, interagir avec le dehors, les éléments … les caprices du ciel
    Prendre soin du vivant, ménager pour l’avenir. Voir loin.

    Claire Laubie, Paysagiste conceptrice

    Paysagiste artiste et artisane, je réinvente mon métier en plaçant le travail de la matière au cœur de la création. Ma démarche unit le geste technique à la sensibilité artistique pour transformer l’espace en une œuvre durable et soignée.

    Être paysagiste, pour moi, c’est habiter la frontière entre l’artiste et l’artisane. C’est une volonté profonde de réinventer mon métier sans jamais le quitter, en plaçant le processus de création artistique au cœur du projet . Concevoir, c’est une immersion dans la matière, le faire et le geste. La matière comme un langage, une source d’inspiration. Le faire, une action concrète qui donne vie à l’idée . Le geste : l’ intelligence des mains, les savoir-faire ancestraux et techniques.

    Stéphanie Buttier, Paysagiste, Artiste Artisane du Vivant

  • 7 élèves ingénieurs d’Arts et Métiers engagés dans la décarbonation du ciment et du béton

    7 élèves ingénieurs d’Arts et Métiers engagés dans la décarbonation du ciment et du béton

    Cette année, plusieurs étudiant·es d’Arts ont été sélectionné·es pour participer à la Convention Scientifique Étudiante sur la décarbonation de la construction ciment béton, organisée par l’IESF.

    Une aventure scientifique et citoyenne

    Réunissant 50 étudiant·es majoritairement issu·es d’écoles d’ingénieurs, cette convention s’est inspirée du modèle des conventions citoyennes : une démarche d’intelligence collective visant à formuler des recommandations solides pour décarboner une filière responsable d’environ 8 % des émissions mondiales de CO₂, au cœur des objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050 dans l’Union Européenne.

    Pendant quatre mois, les participant·es ont alterné travaux collectifs, apports scientifiques, débats contradictoires et ateliers immersifs, avant de présenter leur rapport final composé de 46 recommandations lors d’une soirée officielle le 18 février 2026 organisée au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris. 

    L’un d’entre eux, Franck-Arthur Essomba Betsi, étudiant en 3ème année sur le campus Arts et Métiers de Lille, revient sur son expérience. 

    Un processus intensif et exigeant : quatre sessions pour comprendre, débattre et décider

    « La convention s’est déroulée sur quatre mois, à raison d’un week-end de travail par mois. Cette organisation a permis de rassembler des étudiant·es d’horizons très différents, certain·es issu·es d’écoles très spécialisées sur le domaine comme l’ETSP, déjà familiers du secteur béton, d’autres, dont Arts et Métiers, disposant d’approches plus transversales. Cette diversité a rapidement créé une dynamique d’apprentissage mutuel. »

    Première étape : Comprendre les enjeux, pour pouvoir proposer ensuite des recommandations pertinentes.

    « Les deux premières sessions ont permis de poser les fondations scientifiques du sujet. C’est-à-dire notamment les enjeux climatiques associés au ciment et au béton, le rôle du calcaire et la décarbonation chimique, responsable à elle-seule de 75% des émissions du processus, les innovations déjà existantes autour du béton bas carbone, ou encore les technologies de captage, stockage et utilisation du carbone (CCUS).

    Lors de ces deux sessions, nous avons eu la chance de rencontrer des experts, véritables références économiques et scientifiques du secteur, tels qu’Antoine Dewazière, représentant de l’ADEME, Wouter Mester, intervenant de l’OCDE, Aurélien Bosio, représentant de la BPI France, Christophe CASSOU, climatologue et l’un des auteurs principaux du sixième rapport du GIEC, mais également Karen Scrivener, chercheuse en matériaux et l’une des principales références dans le domaine, au point qu’elle est surnommée « Reine du Ciment » ! »

    Deuxième étape : Formuler, débattre et rédiger les recommandations concernant l’intégralité de la chaîne de valeur

    « Lors de la troisième session, les quatre grands axes de recommandations de notre rapport se sont naturellement dessinés :

    • La sobriété : Réduire la construction et limiter l’usage du béton lorsque cela est possible
    • L’efficacité : Lorsque le béton est nécessaire, favoriser des options bas carbone, optimiser les dosages et réduire les gaspillages
    • Les compensations (CCUS) : Envisager des solutions pour traiter les 20% d’émissions incompressibles
    • La sensibilisation et la formation : Sensibiliser le grand-public à des alternatives structurelles (bois, terre cuite), mais aussi former les professionnels du bâtiment

    Au-delà des idées, nous avons rédigé les titres des recommandations. Dès lors, un travail de rédaction du corps de chaque recommandation a été effectué entre la troisième et la quatrième session.

    La quatrième et dernière session fut entièrement consacrée à la délibération et s’est organisée en deux temps :

    Une première partie a permis de passer en revue l’ensemble des recommandations afin de mener un travail correctif lorsque certaines nécessitaient d’être éclaircies ou quand certaines mesures étaient trop controversées. 

    La seconde partie a donné lieu au vote des étudiant.es mobilisé.es pour chacune des recommandations. Toutes les recommandations ont été adoptées grâce à une méthode de travail basée sur la force de l’intelligence collective. En effet, chaque recommandation a été travaillée tour à tour par différents binômes, permettant de croiser les expertises et d’éviter le travail en silos. »

    Une nouvelle vision de la démocratie et du travail collectif

    « L’un des apports majeurs de cette convention dépasse largement la thématique du béton. Tout au long de la convention, l’ensemble des participant·es a expérimenté une autre manière de travailler, une forme de démocratie scientifique, où la prise de décision était réellement collective et sans organisation verticale (personne n’était « chef·fe » d’une partie).

    Au fil des sessions, nous avons eu l’opportunité de rencontrer des intervenant·es d’exception dont le rayonnement était tel que des auditeur·rices libres assistaient parfois aux présentations, tant les contenus étaient pointus ! »

    Franck Arthur, actuellement en mobilité internationale en Allemagne, qui n’a pas hésité à faire le déplacement spécialement pour la soirée de remise du rapport, souligne également la richesse du réseau constitué :

    « J’ai rencontré des étudiant·es engagé·es provenant de la France entière et parfois même de l’étranger, qui deviendront, comme moi, les ingénieur·es de demain. Notre objectif à l’issue de cette expérience est de garder le contact, de faire vivre le rapport et continuer à porter ces idées dans les médias et auprès des industriels.»

    Quel avenir pour le rapport ? 

    « Le rapport n’est pas une fin en soi ! Il constitue un point de départ et a pour objectif d’influencer les acteurs publics et privés. Les recommandations ont été diffusées auprès de partenaires institutionnels (ADEME…), d’industriels du secteur (HOLCIM, ECOCEM…), mais aussi d’écoles ou de collectivités.

    Au commencement, nous pensions que notre travail porterait essentiellement sur les processus de fabrication du ciment et du béton, mais nous avons rapidement compris que l’enjeu était plus large, et qu’il fallait balayer l’ensemble de la chaîne de valeur. Nous avons essayé d’adopter la méthodologie observée à la lecture de la RE2020 (Réglementation Energétique 2020 pour la construction de logements), qui ne se concentre pas seulement sur un acteur du BTP mais sur l’ensemble des lots concernés pour la construction de logements. 

    La conférence et la rédaction de ce rapport nous ont assurément ouvert de nouveaux horizons, tant dans l’expérimentation de méthodes de travail basées sur l’intelligence collective que sur la rencontre d’étudiant·es et d’intervenant·es impliqué·es et concerné·es par le sujet. » 

    Les 7 étudiants Arts et Métiers, dont Franck Arthur Essomba Betsi, ont exprimé leur fierté d’avoir été acteurs d’un exercice démocratique et scientifique, et d’avoir contribué à un travail reconnu par la filière. Bravo à toutes et tous pour cette expérience à la fois citoyenne et professionnalisante !

  • 5ème édition du prix « Mes dix scies » – Mardi 24 février 2026

    Prix Mes dix scies 2026

    5ème édition du prix « Mes dix scies » – Mardi 24 février 2026 – ENSAPL

    Depuis 2021, le prix Mes dix scies récompense le meilleur livre en bois de l’année, produit dans le cadre des TD d’écriture de Licence 3 à l’Ensapl.

    Livre en bois :
    Il s’agit de la forme achevée d’un projet embryonnaire, réalisée en temps limité. L’exercice consiste à produire, autour d’une tablette de bois, la couverture, le dos, et la quatrième de couverture de la version publiée d’un rapport de fin de Licence à peine esquissé. Rédigé au cours du premier semestre de la troisième année de Licence, ce rapport permet à chaque étudiant de réinterroger son parcours d’élève-architecte à partir de la thématique de son choix.

    La cinquième édition du prix Mes dix scies aura lieu à l’ENSAP de Lille, le mardi 24 février 2026, de 15h à 17h30. Ce jour-là, le jury s’entretiendra en public avec les cinq finalistes avant de désigner le/la lauréat.e. En se connectant au compte Instagram de l’école, le public pourra également élire le/la lauréat.e du prix du public 2026.

    4 février 2026 : publication de la liste des 5 finalistes.
    24 février 2026 de 15h00 à 17h30 : débat public avec les finalistes et proclamation des résultats

    Liste des livres nommés (prix 2026) :
    – Tristan DeschutterL’architecture roulée, Marseille : Parenthèse, 2025
    – Luna FalchiLe poids d’une marche, Paris : Folio Gallimard, 2025
    – Gaspard Lamy, Construire le bonheur, Marseille : Parenthèse, 2025
    – Arthur Laranjeira, L’architecte, entre discours simplificateurs et réalités populaires : réappropriations de l’espace public, Paris : La Fabrique éditions, 2025
    – Joane Mathis, Habiter après l’épreuve, rapport entre corps et architecture, Arles : Actes-Sud, 2025

    Composition du jury 2026 :
    – M. David Abittan, critique d’architecture Tema.Prod
    – Mme Caroline Bauer, maîtresse de conférences en Histoire et cultures architecturales à l’ENSAPL, chercheuse au Lacth
    – Mme Sylvie Clavel, membre de l’Académie d’Architecture et présidente des prix du livre de l’Académie d’Architecture
    – Mme Rania Kilani, étudiante ENSAPL et lauréate du prix Mes Dix Scies du public 2025
    – Mme Coraline Soulier, professeure de lettres classiques au Lycée Pasteur de Lille, Présidente de Zazie Mode d’Emploi

  • Mardi 24 février – Journée Grand R 2026

    JOURNEE GRAND R

    17:30La journée du Grand R 2026 propose une présentation de la recherche des étudiants de Master et les résultats du parcours recherche et des doctorats. Une exposition présente l’ensemble des posters issus des travaux des séminaires de Master. Elle est visible et visitable lors de toute la journée. La matinée propose un programme de rencontres entre étudiants L3 et étudiants de Master qui présenteront leurs recherches. Ils/elles y échangeront dans trois espaces dédiés : Échange, Promenade, Partage. RDV le mardi 24 février 2026 dans les nouveaux espaces de l’ENSAPL à 9h30.

    ÉCHANGE

    Échange propose des miniconférences d’étudiants et d’enseignants. Chaque conférence dure 5 à 8 minutes et s’appuie sur 10 slides. Étudiants et enseignants y présentent leurs recherches en cours. C’est l’occasion de saisir la diversité des contenus abordés dans les séminaires, la construction du mémoire, les choix de sujets, et les liens avec des recherches du LACTH.

    PROMENADE

    Promenade propose une visite guidée de l’exposition des Posters. Plusieurs étudiants guideront les étudiants au travers l’exposition et présenteront une sélection des posters lors de cette promenade. C’est l’occasion de saisir la construction d’un mémoire (de la question initiale à la problématique), de présenter l’intérêt d’un corpus, des recherches en archives ou en bibliothèque ou encore des études de terrain. C’est l’occasion, également de poser des questions et d’échanger en petit groupe.

    PARTAGE

    Partage propose un moment d’échange. Assis dans un canapé ou sur quelques chaises confortables mises à disposition, les étudiants L3 échangent avec un enseignant et plusieurs étudiants en Master inscrits dans un séminaire. C’est l’occasion de parler du quotidien du séminaire, de son rythme hebdomadaire, du travail en groupe et/ou très individuel, des rendus intermédiaires, de l’organisation sur l’année et des difficultés rencontrées. C’est l’occasion, également de poser des questions et d’échanger en petit groupe.

    09:30-13:00 Présentation des recherches
    13:00-14:00 Pause
    14:00-15:00 PRESENTATION PARCOURS RECHERCHE
    15:00-17:30 PRIX « MES DIX SCIES »

    Programme détaillé (ordres de passage) à venir.

    Mardi 24 février – Journée Grand R 2026 – ENSAPL

  • Journée thématique – Éthique et intelligence artificielle, regards croisés

    Journée thématique, ouverte à toutes et tous : « Éthique et intelligence artificielle, regards croisés ». Lundi 23 février 2026 au centre Pierre Guillaumat, Amphithéâtre L103.

    L’éthique accompagne les discours sur l’IA comme un leitmotiv, une évidence, voire une nécessité absolue. Pourtant, sa portée et les attentes qui y sont associées restent souvent ambiguës.

    L’objectif de cette journée est d’interroger le rôle d’une « éthique de l’IA », les modalités de son exercice et la pertinence de ses résultats.

    Programme et inscription

  • Ouverture de notre Master Management

    Ouverture de notre Master Management

    Pour candidater en Alternance, suivre ces 2 étapes :

    1. Dépôt de candidature sur la plateforme Mon Master, du 17 février au 16 mars.
    2. Transmission de votre choix de MINOR/MBA par courriel à admission@iscid-co.univ-littoral.fr

    Pour candidater en Formation Initiale :

    Dépôt de candidature sur la plateforme ULCO-Candidat, du 2 mars au 28 juin.

    Le choix de la spécialisation MINOR/ MBA vaut candidature automatique au Master (MAJOR).

    Ouverture de notre Master Management – ISCID-CO – Institut Supérieur de Commerce International de Dunkerque – Côte d’Opale

  • Du plastique biodégradable pour pailler les sols agricoles : solution ou nouveau problème ?

    Du plastique biodégradable pour pailler les sols agricoles : solution ou nouveau problème ?

    Les films de paillage ont changé le quotidien de nombreux agriculteurs en facilitant la gestion des mauvaises herbes et de l’eau. Mais exposés au soleil, à l’humidité et au travail du sol, ces plastiques se fragmentent progressivement en micro et nanoplastiques qui s’accumulent dans les sols. Que deviennent ces particules invisibles ? Les plastiques biodégradables peuvent-ils réellement limiter cette pollution ?

    En maraîchage et en arboriculture fruitière, les films plastiques de paillage sont devenus incontournables dans certains conditions de température, d’humidité et d’aération des sols. Posés à sa surface, ils empêchent les mauvaises herbes de se développer, conservent l’humidité et accélèrent le réchauffement du sol au printemps. Le résultat ? Des cultures plus productives et une moindre dépendance aux herbicides, notamment dans les sols en milieu tempéré soumis à un stress hydrique saisonnier.

    Aujourd’hui, l’immense majorité des films de paillage – près de 90 % – sont fabriqués à partir de polyéthylène, un polymère dérivé du pétrole. Solide, bon marché et imperméable, ce matériau s’est imposé dans les champs. Mais il présente un inconvénient majeur : il ne se biodégrade pas et, une fois fragmenté, peut rester dans l’environnement pendant des siècles.

    Une fois les cultures récoltées, ces films ne sont pas complètement retirés. Les fragments qui restent dans les sols se dégradent lentement sous l’effet du soleil, de l’humidité et du travail mécanique des terres. Ils se fragmentent progressivement en microplastiques (dont les dimensions vont de un micromètre à cinq millimètres), atteignant dans certaines exploitations plusieurs milliers de particules par kilogramme de sol. Avec le temps, ces fragments deviennent encore plus petits et forment ce que l’on nomme des nanoplastiques (dont la taille est inférieure à un micromètre).

    Invisibles et pendant longtemps peu étudiées, ces particules soulèvent aujourd’hui de nombreuses questions. Comment se comportent-elles dans les sols agricoles ? Quels sont leurs effets potentiels sur l’environnement ? Surtout, les alternatives dites « biodégradables » constituent-elles réellement une solution pour limiter cette pollution ?

    L’agriculture européenne consomme 427 000 tonnes de plastique par an

    Bien que les nano et microplastiques présents dans les sols agricoles aient des origines multiples, toutes les sources ne contribuent pas dans les mêmes proportions.

    Parmi les apports externes figurent notamment les boues issues des stations d’épuration, parfois utilisées comme amendements organiques. Elles peuvent contenir jusqu’à près de 900 particules microplastiques par kilogramme de matière sèche. À l’échelle européenne, leur épandage représenterait chaque année l’introduction de 63 000 à 430 000 tonnes de microplastiques dans les sols agricoles.

    Mais la contribution la plus importante se trouve souvent directement au champ. Les films plastiques de paillage constituent aujourd’hui la principale source de micro et nanoplastiques en agriculture. Chaque année, 427 000 tonnes de ces produits sont utilisées en Europe et 300 000 tonnes en Amérique du Nord. La Chine concentre, à elle seule, près de 30 % de la consommation mondiale, avec 2,6 millions de tonnes de films agricoles, dont 1,3 million de tonnes de films de paillage, soit environ les trois quarts de l’usage mondial.

    Des plastiques, du champ à l’assiette

    Or, dans les sols agricoles, les nano et microplastiques ne se comportent pas comme de simples déchets inertes. Ils peuvent modifier les propriétés physiques, chimiques et biologiques des sols en affectant leur structure, leur porosité, leur capacité à retenir l’eau ou encore les cycles du carbone et de l’azote.

    Ces particules peuvent aussi se fixer aux racines, freinant l’absorption de l’eau et la croissance des plantes. Certaines cultures, comme la laitue ou le blé, absorbent même des microplastiques depuis le sol, qui peuvent ensuite migrer vers les parties comestibles que nous mangeons.

    Ce n’est pas tout : plus un fragment de plastique est petit, plus sa surface exposée au milieu environnant augmente par rapport à son volume. Or, les interactions entre le plastique et le sol se produisent principalement à sa surface. Ainsi, à quantité de plastique égale, les micro et surtout les nanoplastiques présentent une surface de contact beaucoup plus importante avec leur environnement que les fragments de plus grande taille.

    Cette surface élevée les rend particulièrement réactifs : ils interagissent plus fortement avec les molécules présentes dans le sol. De nombreuses substances chimiques peuvent ainsi se fixer à la surface de ces particules, notamment des polluants organiques ou des métaux. En présence de pesticides, les plastiques peuvent alors se comporter comme de véritables « éponges chimiques », captant et concentrant localement des substances indésirables et potentiellement toxiques.

    Plastique biodégradable ? Une promesse à nuancer

    Pour répondre à cette problématique, des plastiques dits « biodégradables » ont été développés. Présentés comme une alternative aux films de plastique classiques, ils reposent sur un principe séduisant : après usage, ils seraient transformés par les microorganismes du sol en composés naturels, tels que l’eau et le dioxyde de carbone.

    Mais cette promesse dépend fortement des conditions environnementales. En effet, la biodégradabilité est tributaire des conditions environnementales. Un plastique peut se dégrader rapidement dans une installation de compostage industriel, soumise à de fortes chaleurs, mais rester presque intact pendant longtemps dans un sol agricole plus frais.

    C’est notamment le cas des polymères couramment utilisés dans les films de paillage biodégradables, comme le polybutylène adipate-co-téréphtalate (PBAT) ou le poly (butylène succinate) (PBS). Dans les conditions réelles des champs agricoles, leur dégradation peut rester incomplète.

    Se pose alors la question de leur devenir à long terme et de leur capacité réelle à limiter l’accumulation de nano et microplastiques dans les sols.

    Les vers de terre à la rescousse ?

    Constatant ces échecs, des chercheurs s’attachent désormais à en comprendre les causes et à identifier les conditions environnementales et biologiques qui permettraient d’améliorer la dégradation de ces plastiques dans les sols agricoles. Il ne s’agit pas seulement de concevoir de nouveaux matériaux, mais aussi d’adapter les pratiques agricoles à leur présence dans les sols, en particulier dans les systèmes où l’usage des films de paillage est intensif.

    Les scientifiques s’intéressent ainsi au rôle des amendements organiques, des biostimulants et des extraits microbiens, capables de modifier l’activité biologique des sols. Des études ont ainsi montré que le vermicompost – un compost produit par les vers de terre – peut fortement améliorer les performances de certains plastiques biodégradables en conditions agricoles. Cet effet s’expliquerait à la fois par l’apport de nutriments favorisant les microorganismes du sol et par la présence d’une flore microbienne spécifique, issue du tube digestif des vers de terre.

    Pour mieux comprendre ces mécanismes, des expériences en laboratoire suivent la dégradation des plastiques à l’aide de systèmes respirométriques mesurant la transformation du carbone des plastiques en dioxyde de carbone par les microorganismes. Ces dispositifs permettent d’évaluer de manière quantitative dans quelles conditions cette dégradation est accélérée.

    Améliorer les plastiques et les pratiques

    Si les plastiques dits biodégradables représentent une piste intéressante contre l’accumulation dans les sols de nano et de microplastiques, leur efficacité dépend étroitement des conditions réelles du milieu agricole et ils ne peuvent pas être considérés comme une solution systématique ou tenue pour acquise.

    Les travaux de recherche montrent qu’améliorer leur biodégradation passe à la fois par une meilleure compréhension de l’interaction entre les matériaux, le fonctionnement biologique des sols et les pratiques culturales associées. Amendements organiques spécifiques, apports de souches exogènes et stimulation de l’activité microbienne autochtone constituent autant de leviers potentiels.

    À terme, réduire la pollution plastique en agriculture nécessitera une approche globale, combinant innovation technologique, pratiques agronomiques adaptées et cadres réglementaires cohérents, afin de concilier performance agricole et protection durable des sols.

  • Cap sur les Ovinpiades 2026 : trois étudiants d’UniLaSalle en lice au Salon de l’Agriculture

    Cap sur les Ovinpiades 2026 : trois étudiants d’UniLaSalle en lice au Salon de l’Agriculture

    Alexis Esparon, Maëlys Ravel et Noa Grand, étudiants en 4e année ingénieur agronomie et agroindustries à UniLaSalle Beauvais, défendront leur projet aux Ovinpiades collectives le 21 février 2026 au Salon International de l’Agriculture.

    À quelques jours de leur passage au Salon International de l’Agriculture, trois étudiants du parcours Sciences animales d’UniLaSalle Beauvais s’apprêtent à défendre un projet qui illustre pleinement le lien entre formation académique et réalités du terrain. Leur ambition : montrer, par l’image, comment les brebis participent à la valorisation d’un territoire.

    Un projet collectif né en formation

    C’est dans le cadre de leur quatrième année en agronomie et agroindustries qu’Alexis Esparon, Maëlys Ravel et Noa Grand ont choisi de relever le défi des Ovinpiades 2026. À la suite d’une intervention consacrée à la filière ovine, les trois étudiants ont décidé de constituer un groupe pour représenter l’établissement.

    Le thème de cette édition, « Un regard aérien sur les brebis qui font vivre le territoire », invite à utiliser le drone pour illustrer l’impact de l’élevage ovin à l’échelle locale. Une démarche qui mobilise directement leurs enseignements en conduite d’élevage, analyse technico-économique et compréhension des dynamiques de filière.

    « On a travaillé le projet de A à Z. Ce n’est pas juste une vidéo, c’est une vraie réflexion sur le rôle de l’élevage dans notre région », explique Alexis, pilote du projet.

    Une exploitation singulière à Oursel-Maison

    Pour leur réalisation, les étudiants ont choisi de suivre une exploitation située à Oursel-Maison, dans l’Oise. Un choix assumé : l’élevage est implanté en pleine zone céréalière, dans un territoire où la production végétale domine largement.

    Cette exploitation se distingue par un système particulier : un atelier ovin complémentaire valorisant les couverts végétaux après cultures céréalières, avec un troupeau conduit majoritairement en extérieur. L’éleveur s’appuie sur une forte technicité, des références technico-économiques solides et des outils innovants pour optimiser son organisation. Ce modèle démontre qu’il est possible d’intégrer efficacement l’élevage ovin dans un paysage agricole marqué par les grandes cultures.

    « Ce qui nous intéressait, c’était de montrer qu’on peut produire autrement, en utilisant des surfaces déjà présentes et en créant de la valeur sans forcément spécialiser tout le système », souligne Maëlys.

    À travers ce projet, les étudiants mettent en application les approches systémiques et territoriales abordées dans leur formation à UniLaSalle Beauvais.

    Une expérience professionnalisante au Salon de l’Agriculture

    Après une première sélection au niveau régional, l’équipe défendra son projet le samedi 21 février 2026 au Salon International de l’Agriculture, dans le cadre des Ovinpiades. Leur passage comprendra la diffusion de la vidéo, cinq minutes de présentation et un échange avec un jury composé d’acteurs de la filière ovine.

    Au-delà du concours, cette participation représente une expérience professionnalisante majeure : prise de parole en public, capacité à argumenter face à des professionnels, valorisation d’un projet construit en équipe.

    « Pour moi, c’est plus qu’un concours. C’est l’occasion de montrer ce qu’on apprend en formation et de le confronter directement aux attentes du terrain », confie Noa.

    À quelques jours de l’épreuve, les trois étudiants se préparent à défendre leur projet avec sérieux et engagement. Tout UniLaSalle leur souhaite pleine réussite pour cette finale nationale au Salon de l’Agriculture.

  • Avec AgroTeam, les étudiants d’UniLaSalle Beauvais cultivent l’agriculture de demain

    Avec AgroTeam, les étudiants d’UniLaSalle Beauvais cultivent l’agriculture de demain

    À UniLaSalle Beauvais, AgroTeam offre aux étudiants un terrain d’apprentissage unique, au croisement de la formation en agronomie et agro-industrie, de l’engagement associatif et de la pratique agricole. Une immersion concrète dans les réalités du métier, portée par des étudiants passionnés.

    Une passion agricole qui devient un engagement associatif

    Romain Appert, Marie-Charlotte Rabourdin et Florine Hérault sont membres du petit bureau d’AgroTeam, l’association étudiante du campus de Beauvais qui participe activement à la gestion et au développement des projets de la ferme pédagogique. Véritable interface entre les étudiants, la ferme et les équipes pédagogiques, AgroTeam permet de porter des projets agricoles concrets tout en renforçant le lien entre formation et terrain. Tous les trois suivent une formation en agronomie ou en agro-industrie à UniLaSalle Beauvais et partagent un parcours marqué par une forte proximité avec le monde agricole.

    Pour eux, l’agriculture n’est pas seulement un objet d’étude : c’est une culture, parfois un héritage familial, toujours une passion. En rejoignant AgroTeam, ils ont trouvé un espace pour prolonger cet attachement au-delà des enseignements académiques, en s’engageant dans des projets collectifs structurés, directement connectés aux réalités du terrain.

    « On n’apprend jamais aussi bien que lorsqu’on est au cœur de ce qu’on fait. »

    Romain

    Cette immersion permet de donner du sens aux connaissances acquises en cours, en les confrontant à des situations réelles, techniques et organisationnelles.

    Un prolongement concret des formations en agronomie et agro-industrie

    Les actions menées au sein d’AgroTeam s’inscrivent pleinement dans la continuité des formations dispensées sur le campus de Beauvais. Productions animales, productions végétales, organisation d’une exploitation agricole, réflexion autour de la transformation des produits : les projets portés par l’association font directement écho aux enseignements en agronomie et agro-industrie.

    Le projet du verger en est une parfaite illustration. Pensé et construit collectivement, il est en cours de développement et mobilise des compétences techniques, scientifiques et organisationnelles. Le choix des variétés, la réflexion sur l’implantation des arbres ainsi que les échanges avec la direction de la ferme et les enseignants-chercheurs constituent autant d’étapes de travail à part entière.

    « Ici, on ne lance pas des idées au hasard : chaque projet est réfléchi, cadré et construit dans la durée. »

    Marie-Charlotte

    Ce projet permet aux étudiants d’appliquer concrètement les savoirs acquis en formation, tout en prenant en compte les contraintes techniques, pédagogiques et territoriales propres au site de Beauvais. À terme, le verger a vocation à s’inscrire durablement dans les activités pédagogiques du campus, notamment autour de la transformation des produits.

    Apprendre à gérer des projets et à manager des équipes

    Au-delà des compétences techniques, AgroTeam constitue un véritable terrain de professionnalisation. À un peu plus de 20 ans, les membres du petit bureau pilotent des projets de long terme, coordonnent des étudiants de différentes promotions et assurent l’interface entre la ferme, les équipes pédagogiques et les étudiants.

    Manager des pairs, souvent des camarades ou des amis, demande une posture spécifique. L’organisation repose avant tout sur la confiance, le dialogue et la responsabilisation de chacun. Cette expérience développe des compétences transversales essentielles : gestion de projet, communication, prise de décision, capacité à fédérer un collectif autour d’objectifs communs.

    « AgroTeam, c’est apprendre à manager, à collaborer et à s’engager, bien avant l’entrée dans le monde professionnel. » 

    Florine

    Des compétences qui viennent compléter efficacement les enseignements suivis en agronomie et agro-industrie.

    Former des acteurs engagés de l’agriculture de demain

    Grâce à leur engagement associatif, ces étudiants développent une vision élargie du monde agricole. Même spécialisés dans un domaine précis, ils découvrent d’autres filières, d’autres pratiques et d’autres manières d’aborder les systèmes de production et de transformation.

    Confrontés aux enjeux actuels du secteur : renouvellement des générations, crises sanitaires, évolutions économiques et sociétales, ils mesurent l’importance de l’innovation, de l’adaptation et de l’engagement collectif. Pour eux, les étudiants ont un rôle central à jouer dans la construction de l’agriculture de demain.

    AgroTeam incarne ainsi une autre manière d’apprendre à UniLaSalle Beauvais : par l’action, l’expérimentation et la responsabilité. Une expérience formatrice, au cœur du campus, qui prépare les étudiants à devenir des professionnels engagés, conscients des réalités du terrain et des défis à venir.

  • Frédéric Colas reçoit le Prix de l’Ingénieur IEEE PES France 2025

    Frédéric Colas reçoit le Prix de l’Ingénieur IEEE PES France 2025

    Frédéric Colas reçoit le Prix de l’Ingénieur IEEE PES France 2025

    Portrait Frédéric Colas

    L’Institute of Electrical and Electronics Engineers – Power & Energy Society (IEEE PES) est une organisation rassemblant à l’échelle mondiale ingénieurs, chercheurs et professionnels de l’industrie électrique autour du développement de connaissance dans les domaines de l’énergie et des systèmes électriques.

    La délégation française anime régulièrement la communauté via des conférences et distingue chaque année un ingénieur pour son leadership, ses travaux de recherche ou son engagement technique. 

    Le 11 février 2026, Frédéric Colas, ingénieur de recherche, a ainsi été honoré pour ses contributions majeures au sein du Laboratoire d’Électrotechnique et d’Électronique de Puissance (L2EP) de Lille, confirmant le dynamisme et la qualité de la recherche du laboratoire dans le domaine des systèmes électriques.

    Il revient sur son parcours, les atouts de son poste et ses principaux axes de recherche :

    Quel a été votre parcours jusqu’au poste d’ingénieur de recherche que vous occupez aujourd’hui au L2EP ? 

    Un intérêt de longue date pour la production et le fonctionnement des systèmes électriques. En 2008, une opportunité à Arts et Métiers m’a permis de contribuer au développement des activités du L2EP et à la création de la plateforme EPMLab, à laquelle je suis très attaché. 

    Parmi les moments clés, le projet européen « Twenties » (2013-2014) a été un tournant : il a donné une visibilité internationale au laboratoire, je ne remercierai jamais assez notre partenaire historique RTE qui nous a permis d’intégrer ce projet.

    Quels sont aujourd’hui vos axes de recherche ?

    Deux axes structurent mes travaux :

    • La stabilité des grands réseaux électriques qui intègrent beaucoup de  convertisseurs de puissance.
    • Le développement et l’amélioration des méthodes de test dédiés aux équipements connectés au réseau et notamment ceux qui se connectent à travers des convertisseurs de puissance.

    Quelles avancées notables vous ont conduit à l’obtention de cette distinction ?

    Selon-moi, cette distinction récompense deux contributions majeures pour l’année 2025 :

    D’abord, les travaux menés avec différents doctorants sur une méthode innovante d’étude de stabilité des systèmes électriques.

    Aujourd’hui, les centrales de production et les consommations sont raccordées au réseau via des convertisseurs dont les lois de contrôle restent la propriété des fabricants. Notre méthode permet d’analyser la stabilité d’un système sans connaître exactement ces lois internes, ce qui évite d’exiger la divulgation de propriété intellectuelle des fabricants. C’est un atout essentiel dans un contexte où les réseaux intègrent de plus en plus de convertisseurs de puissance.

    Ensuite, le prix salue également nos développements technologiques réalisés avec Spherea. 

    Nous avons conçu Pluton, un dispositif désormais commercialisé, qui rend les tests d’équipements connectés au réseau beaucoup plus flexibles qu’auparavant.

    Ces deux axes de travail s’appuient sur une équipe solide : j’encadre actuellement huit doctorants pour les aspects scientifiques, et cinq ingénieurs et post‑doctorants pour les développements technologiques. Leur contribution est centrale dans ces avancées.

    Qu’appréciez vous le plus dans votre activité ?

    L’encadrement des doctorants et ingénieurs sans hésitations : l’équipe que j’anime est très internationale (Liban, Iran, Inde, Algérie, France), les échanges n’en sont que plus enrichissants. Beaucoup « d’anciens » évoluent maintenant au sein des équipes de nos partenaires comme RTE ou EDF, et deviennent à leur tour des relais de connaissances. Le relationnel et la mutualisation de connaissance sont les aspects de mes missions que je trouve les plus gratifiants.

    Par ailleurs, dans un monde où la consommation d’électricité est en constante augmentation, l’un de nos principaux enjeux est d’aider nos partenaires tels qu’EDF, avec qui nous avons un contrat-cadre, à intégrer de nouveaux usages et moyens de production tout en préservant la stabilité des réseaux. L’évolution du mix énergétique induit l’essor de l’électronique de puissance et l’augmentation des interactions : nos travaux visent à mieux les maîtriser.

    En résumé, les interactions au sein de l’équipe, mais aussi avec les industriels ainsi que d’autres laboratoires de recherche sont aussi essentiels qu’enrichissants. 

    Qu’il s’agisse d’EDF, de RTE, ou de Spherea, ou également de collaborations avec d’autres laboratoires tels que le MSMP du campus Arts et Métiers de Lille, le laboratoire CRIStAL, ou encore d’universités européennes comme KULeuven et UPC, ces partenariats ancrent nos recherches dans les enjeux réels du secteur énergétique.

    Bravo à Frédéric Colas pour cette distinction ainsi que pour son implication au sein d’Arts et Métiers !